mercredi 27 janvier 2010

Court passage à Ouaga...

Sommes revenus hier soir du pays Lobi. Nous avons été ravis de cette belle excursion dans une nouvelle contrée qui présente de nombreux attraits. Après notre halte à Bobo, où Françoise a récupéré, nous avons repris la route pour Toussiana, un petit village peu avant Banfora où nous avions prévu de passer la nuit dans un accueil paysan. Trajet dans un superbe car de la Rakieta, que nous avons eu du mal à quitter si vite! Toussiana ne nous a pas laissé de souvenirs impérissables, l'accueil était sommaire, en tous les sens du terme. Nous n'avons sans doute pas eu de chance, Nicomède, l'hébergeur cultivateur, était lui-même à Bobo! Mais nous y avons rencontré, comme souvent ici, des gens très intéressants avec qui nous avons beaucoup discuté. Le monsieur a convoyé un fourgon depuis la France, tout récemment, sans avoir de problème et connaît bien la Mauritanie et le Mali!! Ebauche de projet commun donc!
Ensuite, le lendemain, après une petite séance de moto pour nous mettre en forme et rejoindre le goudron, une succession de taxis brousse, tous plus déglingués les uns que les autres en direction de Loropeni, LE site classé à l'UNESCO du Burkina. C'est une grande enceinte, reste d'un village fortifié du XI eme siècle. Intéressant, bien que lorsque nous y sommes arrivés le feu venait de ravager les alentours et même de passer en plein milieu du site si bien protégé!! On a aussi visité à quelques km de là le sanctuaire des rois Gan, mais nous n'avons pas pu rencontrer le roi, comme il le fait d'habitude pour les visiteurs, car il était à Gaoua, suite à l'incendie qui avait ravagé le village et emporté l'une de ses femmes!! Retour à Loropeni en moto ,où nous passons la nuit dans un hôtel dont il vaut mieux pas noter le nom: Il était le seul!! Lendemain départ pour Gaoua après une petite séance de stop taxi brousse. Là on passe deux nuits. La journée on visite le musée ethnographique, sympa, consacré aux us et coutûmes du pays Lobi et on enchaîne sur une série de visites en moto. Village traditionnel, visite au marché de vente d'or par les orpailleuses (Ce sont les femmes qui cherchent l'or, qui le vendent mais elles n'ont le droit ni de le transformer ni de le porter!! pratique pour les hommes, n'est ce pas?), poterie et sculpture... Hier grand bus, long trajet pour Ouaga.
Retrouvailles avec Bounty, on va négocier la location de notre véhicule pour le Mali. tout se passe bien, marché conclu! Des démêlés avec le distributeur bancaires qui ne crache que le tickets mais pas les billets!! On est bien embêtés, surtout que l'agence reconnait le bien fondé de l'erreur, mais ne peut nous délivrer les billets coincés dans la machine!! On espère juste qu'l nous restera assez de fonds pour couvrir notre séjour au Mali! Départ imminent, on est en retard, tout le monde nous attend!!
Bye! bye, à la semaine prochaine! Inch allah!

jeudi 21 janvier 2010

Bobo après Doudou






Nous revoilà! Comme prévu, nous sommes allés passer deux jours à Doudou, histoire d'y retrouver le petit monde avec lequel nous étions liés d'amitié.Comme prévu, l'accueil y fut chaleureux: Nous avons retrouvé avec grand plaisirs nos amis robert et zakaria, ainsi que Henri, Dieudonné et les autres... Jean Baptiste et Zakaria sont venus nous cueillir à l'autocar et hardi petits! première séance de moto! Hélas de courte durée puisque la moto de Jean Baptiste est tombée en panne avant d'arriver. Encore le piston qui a lâché! Il avait pourtant moins d'une semaine. Ces chinoiseries ne valent décidément pas grand chose! Dieudonné vient me quérir au bord de la route et nous arrivons enfin dans un Doudou entièrement refait à neuf, 10 ans TDS obligent! Il y a même de la bière au frais! On palabre, on visite, on repalabre... Il y des visiteurs, toujours sympathiques, un couple avec lequel on parle longuement, de choses sur lesquelles on est d'accord. Ce qui est bien ici, c'est que l'on y rencontre que des gens avec lesquels il ne puisse pas y avoir de vrai désaccord! On effectue notre mission pour Annie, rencontrer les instituteurs, le directeur d'école et bavarder longuement avec Henri...



Mardi matin on repart pour Boromo, accompagné de Zakaria. Françoise a tant envie de revoir son grand mâle... Je veux parler du bel éléphant qui lui a tapé dans l'oeil évidemment! Mais personne ne semble avoir envie de nous emmener voir les éléphants! On se demande s'il y sont vraiment! On dort à l'hôtel des voûtes nubiennes, un campement amélioré plutôt, à l'architecture fraîche et agréable. Mais le soir Françoise ne se sent pas bien, et quelques heures plus tard c'est moi. Nuit pénible et fiévreuse, le lendemain on cherche sans trop y croire à monter au caïcedra voir ces fichus éléphants, mais personne... Alors on décide de filer sur Bobo, pour se soigner et se reposer dans un bon hôtel. Hier nous prenons nos logements à l'hôtel de l'entente, établissement de bonne tenue, le luxe pour nous!! Après une journée de jeûne et de pilules diverses le gros du mal est derrière nous et nous pensons pouvoir repartir demain en direction de Banfora, puis du pays Lobi. On doît s'arrêter dans un petit bled, Toussiana, pour expérimenter un nouvel hébergement chez l'habitant, l'accueil paysan. Des gens rencontrés sur les dunes du Sahel, nous l'ont recommandé!! Sinon, l'Afrique reste l'Afrique... Difficile à vivre et pourtant si pleine d'attraits, de couleurs, que l'on a envie d'y retourner! Quelqu'un d'ici nous demandait pourquoi on gaspillait notre argent pour venir ici, alors qu'on avait tout chez nous ou ailleurs! Question difficile, n'est ce pas? C'est qu'ici, mais il ne peut pas le comprendre, on trouve ce qu'on ne trouve plus chez nous. Une forme de spontanéité, sans aucune naïveté pourtant, une chaleur humaine rare, même si elle n'est pas toujours dénuée d'arrière pensées évidemment, une forme d'authenticité qui nous a quitté depuis bien longtemps. C'est un peu comme retrouver des racines oubliées, peut-être....



samedi 16 janvier 2010

Première semaine en famille...



















Quelques nouvelles, enfin... Nous savions bien, au départ, qu'il nous serait souvent difficile d'alimenter notre blog, nos suppositions se sont avérées exactes. Les cyber de Gorom sont aléatoires, intermittents, (à cause parfois de la CAN coupe Afrique des Nations) et de toutes façons beaucoup trop lents pour pouvoir le faire!




Alors, voilàààà! Nous y sommes! Voyage sans problème, particulier, Bounty (l' ami que nous avons accueilli en France nous a accueilli, la Pension Sarah nous a hébergés, et le surlendemain en route pour le Nord! rajet en car un peu long, le chauffeur a eu des problèmes avec la police, d'où palabres, négociations et un accord à "l'amiable" au final...Puis un chouette taxi brousse, un Mitsu de 30 ans d'âge, qui a dû parcourir déjà plusieurs fois la distance de la Terre à la Lune, d'ailleurs son compteur doit être gradué en Unité Astronomique puisqu'il affiche zéro. Accueil chez bounty, dans sa concession, présentation de la famille, les frères, les neveux et nièces, la femme, les enfants. (dans l'ordre!) Accueil chaleureux, amical. La cour est très représentative des concessions locales... Animaux, enfants, de nombreuses jeunes femmes... Tout cela cohabite, pêle-mêle, sous la tutelle avisée du "grand frère". On nous a installés dans la chambre "d'amis" en fait la chambre de Bounty quand il ne cohabite pas avec son épouse. Chaque jour on accompagne notre ami à sa boutique. Il y passe une partie de la journée, attendant quelques rarissimes clients. Mais c'est un lieu de rencontres intéressant, on y discute, boit du thé, somnole en compagnie, échange de vraies fausses informations, on y laisse lentement s'égrener le temps, au rythme éternel de ce gigantesque sablier qu'est le Sahel. Françoise étant une "nassara", une blanche, ne fait pas partie des femmes à proprement parler et est donc facilement intégrée parmi les hommes. Plus facilement peut-être que parmi les femmes qui vivent une vie différente, faite de leur quotidien , cuisine, ménage, enfants, et aussi de longs bavardages animés mais en langue shongaï, ce qui limite les échanges!




Dimanche 11, on part pour Oursi, une bourgade oasis au nord de Gorom. Un vieux, très vieux Toy, là je n'ose même pas avancer un âge approximatif, nous prend en charge. A l'intérieur nous sommes 13, très bien rangés, sur le toit, ils sont une grosse quinzaine. Dans la fraîcheur du petit matin la piste s'étire lentement. Le Toy peine un peu! Les virages et les dévers sont pris au ralenti. La garde au sol s'est abaissée et le centre de gravité grandement élevé: Je ne saurais pas faire le calcul précis, mais il doit se situer juste au dessus de nos têtes! Oursi arrive! C'est le marché, évidemment, un bien beau marché d'ailleurs! Toute la région s'y retrouve et l'on y vient d'assez loin. Les peulhs de passage poussent leurs immenses troupeaux, les femmes bellas y montrent leurs plus beaux atours, les touaregs, les shongaïs et autres tamacheks achètent, vendent, bavardent en de multiples langues, s'y pressent en une foule colorée et bruyante.





On escalade les dunes de beau sable rouge, malheureusement plein de cram-cram ( ce sont de graines piquantes qui ont la fâcheuse habitude de se glisser subrepticement dans les chaussures et de se loger juste sous vos orteils, là où ça fait le plus mal!) Magnifique paysage de dunes plissées et on arive sur un petit musée récent: Des fouilles ont révélé une série d'habitations du Xème siècle, ce qui constitue le plus ancien village connu de toute la région. A l'époque l'ethnie qui l'habitait, contrôlait le commerce de l'or, du sel et des esclaves qui transitait entre les pays du sud (Burkina actuel et sud Mali) et le Maghreb... Le sel reste d'ailleurs une des denrées les plus échangées sur le marché. Il est nécessaire aux troupeaux peulhs. Pour l'or et les esclaves, on n'a pas su. L'or est devenu rare et racheté par les canadiens, les esclaves....




Balade le long de la mare, très grande, au milieu des zébus...



Retour par le Toy, avec les achats en plus!




Ensuite, thé, palabres, temps qui s'écoule, thé palabres... on écoute, on ne comprend pas toujours tout, les allusions, les sous-entendus, nous échappent souvent!






Mardi départ pour Menegou, une oasis située à une douzaine de km de Gorom. On part en dromadaire, mais oui! Même couché l'animal est haut et l'enfourcher me fait faire de la gym! Une fois dessus, tout va bien. On traverse des campements bellas semi-sédentarisés qui cultivent et élèvent. Les femmes tissent des "seckos" et pilent le mil, les hommes flânent ou palabrent dans les cases. La savane se désertifie, au loin se dessine une ligne d'arbres. C'est l'oasis. Menégou est sur une dune de sable, au bord d'une mare. On dort sur la dune, le ciel est magnifique, clair et étoilé. Dans le village proche les peuls fêtent quelque chose, peut-être le retour de l'un d'eux. Les jumbees et le "violon" résonnent tard dans la nuit. La fraîcheur vient, vers l'aube on se retrouve transis sous nos couvertures trop légères. Thé du matin et on repart vers Gorom. Ma selle est de travers et bien sûr, je prends mal au dos!



Ensuite, ensuite, thé, palabres, palabres et thés: Les gens nous confient leurs projets, leurs espoirs si souvent déçus, leurs vies toujours si précaires, si soumises à tant d'impondérables...

Dans la journée, il fait chaud, trop chaud pour la saison: Ils parlent en riant du réchauffement climatique, mais s'inquiètent en silence de cette chaleur trop précoce.

Hier nous sommes repartis pour Ouaga. Des au revoir dignes et réservés, la vie passe, on se reverra si dieu veut, inch'allah!






Le Mitsu nous prend en charge jusqu'à Dori et là nous devons reprendre le bus qui nous y a montés. On a commis la bêtise d'anticiper et d'acheter des billets aller-retour pour gagner 500f!



Le bus de 9h30 n'est pas là: il est cassé, "gâté" comme ils disent. Il faut attendre le départ de 15h00, le car doit arriver de Ouaga dans la matinée... On l'attend longuement dans la gare routière de Dori, sordide et surchauffée. Bounty est morose, il ne "sent" pas ce voyage... Nous non plus pour tout dire, ce que l'on sent surtout, ce sont les effluves nauséabondes qui se dégagent des tas d'ordures disséminés de partout, les relents de tambouille grasse, et la merveilleuse odeur de gaz d'échappement qui s'échappe des diesels hors d'âge!




On part manger et, miracle! quand on revient le bus est là, rangé devant la station! Bon, il est sur cric, avec des meccanos qui s'affairent autour, mais promis il va "bouger". On charge, les bagages, on réserve nos places côté gauche (pour ne pas avoir le soleil de l'après midi en voyageant du nord au sud!) et on attend. 15h30 le car est chargé, moutons dans la soute arrière entrebaillée, passagers avec les sacs de jujube pour la route en place. On attend le chauffeur. On apprend qu'il est "présentement" retenu par la police à cause de l'accident qu'il a eu en venant. Il a toqué un enfant, heureusement sans gravité. Palabres, négociations, arrangement, vers 16h30 le chauffeur arrive, un peu énervé, le car part. C'est un vieux bus des "Ethiopan airlines", c'est dire son état! Au premier arrêt difficulté pour repartir, embrayage collé... Bon, avec quelques coups d'accélérateurs rageurs, il finit par repartir dans une épouvantable odeur de caoutchouc brûlé. On roule vite sans doute pour rattraper le temps perdu. Un peu au sud de Bani, un grand choc! Le car a percuté de plein fouet un zebu peulh qui avait la mauvaise idée de traverser! On s'arrête, bien plus loin, je soupçonne le car d'avoir des freins défaillants! Tout fume, le radiateur doît être percé... On descend, on s'assoit sur le bord de la route et on attend. Françoise, excédée veut faire descendre les bagages et retourner à Bani en charette à ânes: Ce sera plus sûr à condition de ne pas croiser de car comme celui-ci! Mais le convoyeur refuse. Le chauffeur revient, il est allé chercher le capot qui s'était détaché sous le choc ! On nettoie le sang qui macule tout l'avant du car, on remet de l'eau dans le radiateur et hardi petit, ça repart cahin caha! Ouaga est encore loin, environ 200 km, le bus va t-il tenir jusque là? Mais oui! Le chauffeur, enfin devenu prudent se limite et vers 10h00 nous pose à Ouaga.




Pension Sarah et douche, ouah! qu'elle nous fait du bien!




Demain nous partons pour Doudou, passer 2 ou 3 jours dans le village TDS et là, nous établirons le programme avec Zakaria qui nous attend.

mardi 5 janvier 2010

Prêts pour un nouveau voyage...

Les sacs sont bouclés, les vaccins mis à jour, les visas ornent les pages encore libres de nos passeports... Demain nous repartons en Afrique! Pour un court séjour cette fois, un peu plus d'un mois seulement. Un programme qui reste flou, un peu comme les dunes du désert quand l'air tremble sous le soleil. Un tour au Mali, dans les falaises du pays Dogon, peut-être plus au nord en descendant le fleuve Niger jusqu'à Tombouctou, c'est notre rêve. Il sera sans doute tempéré par d'autres considérations... On verra! Un tour au Bénin? On aimerait bien, et puis, et puis, évidemment, il y a le Burkina, ça c'est sûr! Des amis à retrouver, des villages à revoir, d'autres à découvrir, des amitiés à nouer et renouer. Demain, on abandonne pour un temps les doudounes et les bonnets, les neiges et les frimas: on va se frotter aux sables du Sahel, à la poussière de l'harmattan, aux misères et aux splendeurs de l'Afrique.
On postera des messages quand on le pourra, rarement sans doute, mais ce blog se veut pérenne, il nous suivra là-bas et ailleurs, ici et là, aux rythmes de nos humeurs et de nos possibilités! A bientôt!