mardi 9 février 2010

Un petit tour au Benin

Voilaaaa..! Enfin j'ai réussi à publier quelques photos!
Bon, notre petit tour au Benin, vite fait , bien fait... Nous partîmes frais et dispos, au petit matin, par un beau bus et arrivâmes, 20heures plus tard, fourbus et ensommeillés, à Cotonou.
Cotonou est une ville du même type que Ouaga, avec une circulation encore plus polluante, plus désordonnée. Un nuage de vapeur d'essence frelatée y plane en permanence. Les motos taxis pullulent, je crois qu'elles s'y reproduisent à la vitesse des drosophiles, ce n'est pas possible autrement!! On quitte Cotonou après une brève nuit pour rejoindre Avlékété, un campement TDS avec lequel on a pris contact. Et là, à une grosse vongtaine à peine de km de Cotonou, un petit hâvre de paix et de beauté... Une grosse pirogue taillée dans le tronc d'un baobab géant nous emmène sur la lagune bordée de mangrove et de cocotiers... Le village lui-même est située entre la lagune et l'océan. Une plage de rêve, sable et cocotier à l'infini... Dommage, vraiment dommage que le mal endémique de l'Afrique sévisse ici aussi: Des millions de sachets noirs et blancs la jonchent, la salissent, l'abîment... Jour après jour, la terre d'Afrique se voile d'un linceul imputrescible.
Une jolie piste sableuse nous emmène sur des motos jusqu'à Ouidah, une ville située une vingtaine de km plus à l'ouest. C'est une région vouée au Vaudou, on y visite le temple aux pythons sacrés, serpents paresseux et dociles que l'on nous pose autour du cou, une forêt sacrée aux beaux arbres, frangipaniers, faux fromagers et aux nombreux fétiches , un petit musée intéressant sur l'histoire locale des rois du XIXéme, en passant par l'esclavagisme et la colonisation... et enfin, la route des esclaves, une sorte de mémorial sous forme d'une succession de stations dédié à la mémoire des milliers d'esclaves qui partirent d'ici vers le Brésil, Haïti ou Cuba...
On se promène aussi sur la lagune, en pirogue, dans le village qui vit principalement de la pêche et c'est fini, il faut revenir à Cotonou, reprendre le seul bus qui nous ramènera à temps pour Ouaga. On arrive dimanche matin dans la grande ville, on se nourrit de ses vapeurs jusqu'au soir et à 21heures 30, avec un petit retard de 2 heures, on part enfin... Long voyage d'une vingtaine d'heures, pontué de nombreux arrêts aux postes de police et surtout de douanes qui en profitent chaque fois pour extorquer de l'argent au convoyeur qui a accepté du fret à dédouaner... Tout un programme! Le car transporte en effet autant de marchandises que de passagers! C'est un lot important de tuyaux d'arrosage qui semble exciter plus particulièrement la convoitise des douaniers.... Bon, palabres, attentes, à chaque fois on repart avec un peu plus de retard et on arrive enfin à Ouaga, le lendemain vers 18heures, encore une fois sales, fourbus et ensommeillés. Un petit tour en taxi pour récupérer les vêtements de Françoise chez le couturier, ils sont prêts, heureusement car ils lui étaient nécessaires vu l'état général de la garde robe, on pose Bounty chez son loueur et vite, à la pension Sarah dont heureusement, heureusement, la douche fonctionne ce soir!! Décrassage d'abord, puis repas et dodo!! L'eau sera coupée dans la nuit, mais on s'en fiche, on dort et on est propres!
Maintenant on en est aux dernières heures du séjour: On part tout à l'heure pour Koudougou, dire au revoir aux gens de Doudou. On va manger et passer un moment avec Zak, Robert et Henri. On dort sur place et demain, fin du voyage. On rentre à Ouaga, on fait les dernières courses, les ultimes préparatifs de retour, encore un temps d'attente que l'on va passer chez Jean Paul Bambara, un ami de Bounty et puis aéroport...
On est là depuis un peu plus d'un mois et c'est comme si l'on y avait toujours été. Le temps ne s'écoule pas de la même façon ici. Il s'y étire, se fige parfois dans des attentes sans fin, reprend son cours, tranquillement, lové dans la chaleur qui le ralentit.

photos du Mali

Avec un peu, beaucoup de retard puisqu'en fait on est de retour du Benin, je tente de publier quelques photos du Mali!! Des problèmes de connexion, puis des pannes d'électricité, (toujours recurrentes à Ouaga!) nous en ont empêchés jusqu'à présent... Des photos donc, prises depuis la falaise de Bandiagara, à l'intérieur des campements et une belle pinasse sur le Niger... du rêve...





mardi 2 février 2010

Demain au Benin...

Nous voici de nouveau à Ouaga, au terme d'un petit périple d'une semaine au Mali, en pays Dogon.
Nous sommes partis dans des conditions exceptionnelles pour nous: 4x4, chauffeur, accompagnateur (toujours notre ami Bounty, bien sûr!), le grand luxe quoi! Périple de riche et riche de paysages et de culture. C'est vraiment une région qui change qui tranche par rapport à tout ce que l'on avait vu auparavant. D'abord cette falaise, étrangement surgie de la terre, au milieu d'une brousse aride et de dunes de sable ocre orangé. Pour moi, c'est l'épine dorsale d'un monstre antédiluvien qui s'est enfoui là, attendant sans doute le retour des grands ancêtres pour ressurgir! Ensuite ce sont les villages, à peine visibles, ocre sur ocre, accrochés au flanc de la falaise, où perchés à son bord extrême, cases de pierres et de terre, la plupart abandonnées maintenant. Enfin, il y a les coutumes et les gens, toute la belle mythologie dogon que l'on nous conte et raconte, même si elle n'appartient plus qu'à un passé désormais révolu. L'animisme n'existe plus qu'à titre folklorique, au profit des touristes, on nous montre des fétiches désuets, des traditions qui ne se perpétuent plus que par quelques vieux où dans quelques quartiers des villages. Mais les mosquées sont presque cachées, pourtant leur style soudanais s'intègre parfaitement au paysage. Beaucoup pour le tourisme, donc, car touristes il y a, nombreux, proies faciles pour les guides bien organisés et les campements incontournables. Nous n'avons pas dérogé, car touristes nous étions, bien qu'ayant été amenés dans des villages encore préservés de l'envahissement et des perpétuels quémandeurs, marchands en tout genre, petits arnaqueurs qui sévissent partout où il y a du blanc dans le coin! Une grosse heure de piste après le goudron nous a amené à un super campement, chez Ali. Confort à l'européenne, presque, propreté, et prix en conséquence! Ensuite nous sommes partis pour 3 jours de petite randonnée à pied, de campement en campement. Assez facile les deux premiers jours la balade est devenue plus dure le troisième, où il a fallu marcher dans le sable, escalader une dune, redescendre la falaise à travers une faille avant de la remonter pour atteindre un village, puis un autre... Les genoux ont tenu le coup de justesse! Au fur et à mesure, les campements sont devenus sommaires, très sommaires...mais ce n'était que pour une nuit ou un repas à chaque fois, n'est ce pas?
Nous avons fini par retrouver notre 4x4 et avons rejoint Bandiagara par une piste assez cahotique. Notre beau véhicule qui souffrait depuis le départ d'ennuis de démarrage à chaud s'est offert le luxe de perdre un boulon des biellettes de direction...Arrêt sur la place de Bandiagara, constat désolé de l'incident, le chauffeur part à la recherche de son boulon perdu et... miracle africain, les esprits des chauffeurs des siècles derniers ont dû l'aider, il le retrouve!
Le remettre en place n'est plus l'affaire que de quelques dizaines de minutes, et l'on peut atteindre l'hôtel que l'on avait tenté de réserver. La tentative était vaine mais heureusement il restait de la place. Ouf! Nous voulions aller assister au grand festival des masques de Bandiagara où notre guide, Seydou, jouait de la guitare malienne. Las, avec tous ces incidents, lorsque nous sommes enfin arrivés sur les lieux tout était terminé... Dommage...
Le lendemain est prévu une grande journée sur Mopti et Djenne deux villes anciennes situées sur le Niger et le Bani. Le véhicule refuse de démarrer, à froid cette fois, et s'entête, malgré toutes nos tentatives de le pousser, de le réchauffer, de court-circuiter le démarreur... Enfin un touriste belge, qu'il soit remercié, une fois, nous tire avec son véhicule et dans un grand crachotement notre Toyota démarre enfin. Mopti, au confluent du Niger et du Bani s'offre à nous. On saute dans une pinasse, (enfin après avoir négocié le prix avec un guide et le pinassier!), on fait le tour du port, impressionnant avec ces centaines de pinasses très élégantes, on dirait de grandes gondoles, de toutes tailles de tous gabarits. Certaines sont chargées à ras bord de marchandises qui montent à Tombouctou, d'autres de passagers serrés et multicolores qui vont... je ne sais où! Nous, nous allons de l'autre côté du fleuve, visiter un village Bozo, un peuple de nomades pêcheurs. Ils vivent et se nourrisssent du fleuve, mais visiblement , le fleuve ne nourrit plus son homme! Misère extrême, malnutrition et saleté repoussante... A ce degré là, nous ne connaissions pas encore... Les tas de poissons abandonnés au soleil et aux mouches voisinent dans la rue avec des détritus de tous ordres, le ruissellement des eaux usées dans lesquelles baignent des rats crevés... Brrr! Je suis dégoûté du poisson fumé ou séché pour un temps! Et je ne vous raconte pas l'odeur qui règne, vous imaginez, n'est ce pas?
Régulièrement quand les eaux remontent, ces villages migrent en aval du fleuve, vers le nord, d'où d'autres Bozo sont partis pour aller eux aussi un peu plus loin, et ainsi de suite. Chacun pousse ainsi un peu les suivants dans l'espoir de pêcher des poissons plus gros. A ce jeu, autant être tout de suite en aval, voire à l'embouchure! Mais, bon, la logique, ici, est rarement gagnante.
Après avoir navigué un peu sur le Niger, avoir admiré le confluent, sommes rentrés au port pour évidemment visiter le marché. Rien de spécial, à part les poissons qui envahissent les étals, les marchands de plaques de sel, et les chantiers navals de pinasse. Tout est fait à la main, bien sûr, même les clous sont forgés dans des matériaux de récup. Les planches de karité sont dégrossies, sciées, rabotées, et jointoyées au beurre de karité. Et, miracle, on arrive à ces magnifiques embarcations, qui flottent et naviguent sur le grand fleuve...
Djenne: Une très vieille ville, dont il ne reste que la moderne! C'est toujours un peu décevant d'apprendre que la "vieille mosquée" date en fait de 1907 et que les précédentes n'ont laissé aucune trace. Djenne est cependant une ville agréable dont les ruelles étroites serpentent entre les murs ocre clair des maisons de style marocain ou soudanais. A noter qu'un vaste projet d'assainissement de la ville a permis de canaliser les eaux usées au milieu de la plupart des rues. C'est bien plus propre, on peut marcher à droite, à gauche, ou un pied de chaque côté du ruisseau nauséabond. En tout cas cela évite de se crotter les chaussures!
Retour laborieux: le bac pour atteindre Djenne ne contient que 3 ou 4 véhicules! Il faut attendre, comme à l'aller, plusieurs passages. La longue route de retour se fera donc de nuit, au grand déplaisir de Bounty et du chauffeur, qui, comme tous les africains, ont horreur de voyager la nuit.
Le lendemain, hier donc, retour à Ouaga, d'où tout part et revient. On rend le véhicule au loueur en lui précisant qu'il devrait utiliser l'argent qu'on lui a remis pour effectuer des réparations urgentes et indispensables!
La journée d'aujourd'hui a été consacré aux préparatifs pour le Benin, aux petites courses diverses et au cyber!
Donc demain nous partons, très tôt, le car "bouge" à 5 h00, pour une arrivée tardive à Cotonou. Nous avons enfin, après d'innombrables tentatives réussi à contacter le coordinateur TDS du Bénin qui prépare notre arrivée. A cause du peu de temps que nous avons et des difficultés de liaison entre les deux villages TDS, nous n'en ferons finalement qu'un seul, Avleketé, sous peine de passer tout notre temps en taxi brousse! On profitera donc de l'océan, des lagunes et je l'espère des villages lacustres... On vous racontera bientôt, promis, à notre prochain et dernier retour à Ouaga!
Je voulais insérer des photos dans ce texte, mais apparemment je ne vais pas y arriver! J'essaierai la prochaine fois.... Patience, car les lignes internet sont saturées!

mercredi 27 janvier 2010

Court passage à Ouaga...

Sommes revenus hier soir du pays Lobi. Nous avons été ravis de cette belle excursion dans une nouvelle contrée qui présente de nombreux attraits. Après notre halte à Bobo, où Françoise a récupéré, nous avons repris la route pour Toussiana, un petit village peu avant Banfora où nous avions prévu de passer la nuit dans un accueil paysan. Trajet dans un superbe car de la Rakieta, que nous avons eu du mal à quitter si vite! Toussiana ne nous a pas laissé de souvenirs impérissables, l'accueil était sommaire, en tous les sens du terme. Nous n'avons sans doute pas eu de chance, Nicomède, l'hébergeur cultivateur, était lui-même à Bobo! Mais nous y avons rencontré, comme souvent ici, des gens très intéressants avec qui nous avons beaucoup discuté. Le monsieur a convoyé un fourgon depuis la France, tout récemment, sans avoir de problème et connaît bien la Mauritanie et le Mali!! Ebauche de projet commun donc!
Ensuite, le lendemain, après une petite séance de moto pour nous mettre en forme et rejoindre le goudron, une succession de taxis brousse, tous plus déglingués les uns que les autres en direction de Loropeni, LE site classé à l'UNESCO du Burkina. C'est une grande enceinte, reste d'un village fortifié du XI eme siècle. Intéressant, bien que lorsque nous y sommes arrivés le feu venait de ravager les alentours et même de passer en plein milieu du site si bien protégé!! On a aussi visité à quelques km de là le sanctuaire des rois Gan, mais nous n'avons pas pu rencontrer le roi, comme il le fait d'habitude pour les visiteurs, car il était à Gaoua, suite à l'incendie qui avait ravagé le village et emporté l'une de ses femmes!! Retour à Loropeni en moto ,où nous passons la nuit dans un hôtel dont il vaut mieux pas noter le nom: Il était le seul!! Lendemain départ pour Gaoua après une petite séance de stop taxi brousse. Là on passe deux nuits. La journée on visite le musée ethnographique, sympa, consacré aux us et coutûmes du pays Lobi et on enchaîne sur une série de visites en moto. Village traditionnel, visite au marché de vente d'or par les orpailleuses (Ce sont les femmes qui cherchent l'or, qui le vendent mais elles n'ont le droit ni de le transformer ni de le porter!! pratique pour les hommes, n'est ce pas?), poterie et sculpture... Hier grand bus, long trajet pour Ouaga.
Retrouvailles avec Bounty, on va négocier la location de notre véhicule pour le Mali. tout se passe bien, marché conclu! Des démêlés avec le distributeur bancaires qui ne crache que le tickets mais pas les billets!! On est bien embêtés, surtout que l'agence reconnait le bien fondé de l'erreur, mais ne peut nous délivrer les billets coincés dans la machine!! On espère juste qu'l nous restera assez de fonds pour couvrir notre séjour au Mali! Départ imminent, on est en retard, tout le monde nous attend!!
Bye! bye, à la semaine prochaine! Inch allah!

jeudi 21 janvier 2010

Bobo après Doudou






Nous revoilà! Comme prévu, nous sommes allés passer deux jours à Doudou, histoire d'y retrouver le petit monde avec lequel nous étions liés d'amitié.Comme prévu, l'accueil y fut chaleureux: Nous avons retrouvé avec grand plaisirs nos amis robert et zakaria, ainsi que Henri, Dieudonné et les autres... Jean Baptiste et Zakaria sont venus nous cueillir à l'autocar et hardi petits! première séance de moto! Hélas de courte durée puisque la moto de Jean Baptiste est tombée en panne avant d'arriver. Encore le piston qui a lâché! Il avait pourtant moins d'une semaine. Ces chinoiseries ne valent décidément pas grand chose! Dieudonné vient me quérir au bord de la route et nous arrivons enfin dans un Doudou entièrement refait à neuf, 10 ans TDS obligent! Il y a même de la bière au frais! On palabre, on visite, on repalabre... Il y des visiteurs, toujours sympathiques, un couple avec lequel on parle longuement, de choses sur lesquelles on est d'accord. Ce qui est bien ici, c'est que l'on y rencontre que des gens avec lesquels il ne puisse pas y avoir de vrai désaccord! On effectue notre mission pour Annie, rencontrer les instituteurs, le directeur d'école et bavarder longuement avec Henri...



Mardi matin on repart pour Boromo, accompagné de Zakaria. Françoise a tant envie de revoir son grand mâle... Je veux parler du bel éléphant qui lui a tapé dans l'oeil évidemment! Mais personne ne semble avoir envie de nous emmener voir les éléphants! On se demande s'il y sont vraiment! On dort à l'hôtel des voûtes nubiennes, un campement amélioré plutôt, à l'architecture fraîche et agréable. Mais le soir Françoise ne se sent pas bien, et quelques heures plus tard c'est moi. Nuit pénible et fiévreuse, le lendemain on cherche sans trop y croire à monter au caïcedra voir ces fichus éléphants, mais personne... Alors on décide de filer sur Bobo, pour se soigner et se reposer dans un bon hôtel. Hier nous prenons nos logements à l'hôtel de l'entente, établissement de bonne tenue, le luxe pour nous!! Après une journée de jeûne et de pilules diverses le gros du mal est derrière nous et nous pensons pouvoir repartir demain en direction de Banfora, puis du pays Lobi. On doît s'arrêter dans un petit bled, Toussiana, pour expérimenter un nouvel hébergement chez l'habitant, l'accueil paysan. Des gens rencontrés sur les dunes du Sahel, nous l'ont recommandé!! Sinon, l'Afrique reste l'Afrique... Difficile à vivre et pourtant si pleine d'attraits, de couleurs, que l'on a envie d'y retourner! Quelqu'un d'ici nous demandait pourquoi on gaspillait notre argent pour venir ici, alors qu'on avait tout chez nous ou ailleurs! Question difficile, n'est ce pas? C'est qu'ici, mais il ne peut pas le comprendre, on trouve ce qu'on ne trouve plus chez nous. Une forme de spontanéité, sans aucune naïveté pourtant, une chaleur humaine rare, même si elle n'est pas toujours dénuée d'arrière pensées évidemment, une forme d'authenticité qui nous a quitté depuis bien longtemps. C'est un peu comme retrouver des racines oubliées, peut-être....



samedi 16 janvier 2010

Première semaine en famille...



















Quelques nouvelles, enfin... Nous savions bien, au départ, qu'il nous serait souvent difficile d'alimenter notre blog, nos suppositions se sont avérées exactes. Les cyber de Gorom sont aléatoires, intermittents, (à cause parfois de la CAN coupe Afrique des Nations) et de toutes façons beaucoup trop lents pour pouvoir le faire!




Alors, voilàààà! Nous y sommes! Voyage sans problème, particulier, Bounty (l' ami que nous avons accueilli en France nous a accueilli, la Pension Sarah nous a hébergés, et le surlendemain en route pour le Nord! rajet en car un peu long, le chauffeur a eu des problèmes avec la police, d'où palabres, négociations et un accord à "l'amiable" au final...Puis un chouette taxi brousse, un Mitsu de 30 ans d'âge, qui a dû parcourir déjà plusieurs fois la distance de la Terre à la Lune, d'ailleurs son compteur doit être gradué en Unité Astronomique puisqu'il affiche zéro. Accueil chez bounty, dans sa concession, présentation de la famille, les frères, les neveux et nièces, la femme, les enfants. (dans l'ordre!) Accueil chaleureux, amical. La cour est très représentative des concessions locales... Animaux, enfants, de nombreuses jeunes femmes... Tout cela cohabite, pêle-mêle, sous la tutelle avisée du "grand frère". On nous a installés dans la chambre "d'amis" en fait la chambre de Bounty quand il ne cohabite pas avec son épouse. Chaque jour on accompagne notre ami à sa boutique. Il y passe une partie de la journée, attendant quelques rarissimes clients. Mais c'est un lieu de rencontres intéressant, on y discute, boit du thé, somnole en compagnie, échange de vraies fausses informations, on y laisse lentement s'égrener le temps, au rythme éternel de ce gigantesque sablier qu'est le Sahel. Françoise étant une "nassara", une blanche, ne fait pas partie des femmes à proprement parler et est donc facilement intégrée parmi les hommes. Plus facilement peut-être que parmi les femmes qui vivent une vie différente, faite de leur quotidien , cuisine, ménage, enfants, et aussi de longs bavardages animés mais en langue shongaï, ce qui limite les échanges!




Dimanche 11, on part pour Oursi, une bourgade oasis au nord de Gorom. Un vieux, très vieux Toy, là je n'ose même pas avancer un âge approximatif, nous prend en charge. A l'intérieur nous sommes 13, très bien rangés, sur le toit, ils sont une grosse quinzaine. Dans la fraîcheur du petit matin la piste s'étire lentement. Le Toy peine un peu! Les virages et les dévers sont pris au ralenti. La garde au sol s'est abaissée et le centre de gravité grandement élevé: Je ne saurais pas faire le calcul précis, mais il doit se situer juste au dessus de nos têtes! Oursi arrive! C'est le marché, évidemment, un bien beau marché d'ailleurs! Toute la région s'y retrouve et l'on y vient d'assez loin. Les peulhs de passage poussent leurs immenses troupeaux, les femmes bellas y montrent leurs plus beaux atours, les touaregs, les shongaïs et autres tamacheks achètent, vendent, bavardent en de multiples langues, s'y pressent en une foule colorée et bruyante.





On escalade les dunes de beau sable rouge, malheureusement plein de cram-cram ( ce sont de graines piquantes qui ont la fâcheuse habitude de se glisser subrepticement dans les chaussures et de se loger juste sous vos orteils, là où ça fait le plus mal!) Magnifique paysage de dunes plissées et on arive sur un petit musée récent: Des fouilles ont révélé une série d'habitations du Xème siècle, ce qui constitue le plus ancien village connu de toute la région. A l'époque l'ethnie qui l'habitait, contrôlait le commerce de l'or, du sel et des esclaves qui transitait entre les pays du sud (Burkina actuel et sud Mali) et le Maghreb... Le sel reste d'ailleurs une des denrées les plus échangées sur le marché. Il est nécessaire aux troupeaux peulhs. Pour l'or et les esclaves, on n'a pas su. L'or est devenu rare et racheté par les canadiens, les esclaves....




Balade le long de la mare, très grande, au milieu des zébus...



Retour par le Toy, avec les achats en plus!




Ensuite, thé, palabres, temps qui s'écoule, thé palabres... on écoute, on ne comprend pas toujours tout, les allusions, les sous-entendus, nous échappent souvent!






Mardi départ pour Menegou, une oasis située à une douzaine de km de Gorom. On part en dromadaire, mais oui! Même couché l'animal est haut et l'enfourcher me fait faire de la gym! Une fois dessus, tout va bien. On traverse des campements bellas semi-sédentarisés qui cultivent et élèvent. Les femmes tissent des "seckos" et pilent le mil, les hommes flânent ou palabrent dans les cases. La savane se désertifie, au loin se dessine une ligne d'arbres. C'est l'oasis. Menégou est sur une dune de sable, au bord d'une mare. On dort sur la dune, le ciel est magnifique, clair et étoilé. Dans le village proche les peuls fêtent quelque chose, peut-être le retour de l'un d'eux. Les jumbees et le "violon" résonnent tard dans la nuit. La fraîcheur vient, vers l'aube on se retrouve transis sous nos couvertures trop légères. Thé du matin et on repart vers Gorom. Ma selle est de travers et bien sûr, je prends mal au dos!



Ensuite, ensuite, thé, palabres, palabres et thés: Les gens nous confient leurs projets, leurs espoirs si souvent déçus, leurs vies toujours si précaires, si soumises à tant d'impondérables...

Dans la journée, il fait chaud, trop chaud pour la saison: Ils parlent en riant du réchauffement climatique, mais s'inquiètent en silence de cette chaleur trop précoce.

Hier nous sommes repartis pour Ouaga. Des au revoir dignes et réservés, la vie passe, on se reverra si dieu veut, inch'allah!






Le Mitsu nous prend en charge jusqu'à Dori et là nous devons reprendre le bus qui nous y a montés. On a commis la bêtise d'anticiper et d'acheter des billets aller-retour pour gagner 500f!



Le bus de 9h30 n'est pas là: il est cassé, "gâté" comme ils disent. Il faut attendre le départ de 15h00, le car doit arriver de Ouaga dans la matinée... On l'attend longuement dans la gare routière de Dori, sordide et surchauffée. Bounty est morose, il ne "sent" pas ce voyage... Nous non plus pour tout dire, ce que l'on sent surtout, ce sont les effluves nauséabondes qui se dégagent des tas d'ordures disséminés de partout, les relents de tambouille grasse, et la merveilleuse odeur de gaz d'échappement qui s'échappe des diesels hors d'âge!




On part manger et, miracle! quand on revient le bus est là, rangé devant la station! Bon, il est sur cric, avec des meccanos qui s'affairent autour, mais promis il va "bouger". On charge, les bagages, on réserve nos places côté gauche (pour ne pas avoir le soleil de l'après midi en voyageant du nord au sud!) et on attend. 15h30 le car est chargé, moutons dans la soute arrière entrebaillée, passagers avec les sacs de jujube pour la route en place. On attend le chauffeur. On apprend qu'il est "présentement" retenu par la police à cause de l'accident qu'il a eu en venant. Il a toqué un enfant, heureusement sans gravité. Palabres, négociations, arrangement, vers 16h30 le chauffeur arrive, un peu énervé, le car part. C'est un vieux bus des "Ethiopan airlines", c'est dire son état! Au premier arrêt difficulté pour repartir, embrayage collé... Bon, avec quelques coups d'accélérateurs rageurs, il finit par repartir dans une épouvantable odeur de caoutchouc brûlé. On roule vite sans doute pour rattraper le temps perdu. Un peu au sud de Bani, un grand choc! Le car a percuté de plein fouet un zebu peulh qui avait la mauvaise idée de traverser! On s'arrête, bien plus loin, je soupçonne le car d'avoir des freins défaillants! Tout fume, le radiateur doît être percé... On descend, on s'assoit sur le bord de la route et on attend. Françoise, excédée veut faire descendre les bagages et retourner à Bani en charette à ânes: Ce sera plus sûr à condition de ne pas croiser de car comme celui-ci! Mais le convoyeur refuse. Le chauffeur revient, il est allé chercher le capot qui s'était détaché sous le choc ! On nettoie le sang qui macule tout l'avant du car, on remet de l'eau dans le radiateur et hardi petit, ça repart cahin caha! Ouaga est encore loin, environ 200 km, le bus va t-il tenir jusque là? Mais oui! Le chauffeur, enfin devenu prudent se limite et vers 10h00 nous pose à Ouaga.




Pension Sarah et douche, ouah! qu'elle nous fait du bien!




Demain nous partons pour Doudou, passer 2 ou 3 jours dans le village TDS et là, nous établirons le programme avec Zakaria qui nous attend.

mardi 5 janvier 2010

Prêts pour un nouveau voyage...

Les sacs sont bouclés, les vaccins mis à jour, les visas ornent les pages encore libres de nos passeports... Demain nous repartons en Afrique! Pour un court séjour cette fois, un peu plus d'un mois seulement. Un programme qui reste flou, un peu comme les dunes du désert quand l'air tremble sous le soleil. Un tour au Mali, dans les falaises du pays Dogon, peut-être plus au nord en descendant le fleuve Niger jusqu'à Tombouctou, c'est notre rêve. Il sera sans doute tempéré par d'autres considérations... On verra! Un tour au Bénin? On aimerait bien, et puis, et puis, évidemment, il y a le Burkina, ça c'est sûr! Des amis à retrouver, des villages à revoir, d'autres à découvrir, des amitiés à nouer et renouer. Demain, on abandonne pour un temps les doudounes et les bonnets, les neiges et les frimas: on va se frotter aux sables du Sahel, à la poussière de l'harmattan, aux misères et aux splendeurs de l'Afrique.
On postera des messages quand on le pourra, rarement sans doute, mais ce blog se veut pérenne, il nous suivra là-bas et ailleurs, ici et là, aux rythmes de nos humeurs et de nos possibilités! A bientôt!