mardi 2 février 2010

Demain au Benin...

Nous voici de nouveau à Ouaga, au terme d'un petit périple d'une semaine au Mali, en pays Dogon.
Nous sommes partis dans des conditions exceptionnelles pour nous: 4x4, chauffeur, accompagnateur (toujours notre ami Bounty, bien sûr!), le grand luxe quoi! Périple de riche et riche de paysages et de culture. C'est vraiment une région qui change qui tranche par rapport à tout ce que l'on avait vu auparavant. D'abord cette falaise, étrangement surgie de la terre, au milieu d'une brousse aride et de dunes de sable ocre orangé. Pour moi, c'est l'épine dorsale d'un monstre antédiluvien qui s'est enfoui là, attendant sans doute le retour des grands ancêtres pour ressurgir! Ensuite ce sont les villages, à peine visibles, ocre sur ocre, accrochés au flanc de la falaise, où perchés à son bord extrême, cases de pierres et de terre, la plupart abandonnées maintenant. Enfin, il y a les coutumes et les gens, toute la belle mythologie dogon que l'on nous conte et raconte, même si elle n'appartient plus qu'à un passé désormais révolu. L'animisme n'existe plus qu'à titre folklorique, au profit des touristes, on nous montre des fétiches désuets, des traditions qui ne se perpétuent plus que par quelques vieux où dans quelques quartiers des villages. Mais les mosquées sont presque cachées, pourtant leur style soudanais s'intègre parfaitement au paysage. Beaucoup pour le tourisme, donc, car touristes il y a, nombreux, proies faciles pour les guides bien organisés et les campements incontournables. Nous n'avons pas dérogé, car touristes nous étions, bien qu'ayant été amenés dans des villages encore préservés de l'envahissement et des perpétuels quémandeurs, marchands en tout genre, petits arnaqueurs qui sévissent partout où il y a du blanc dans le coin! Une grosse heure de piste après le goudron nous a amené à un super campement, chez Ali. Confort à l'européenne, presque, propreté, et prix en conséquence! Ensuite nous sommes partis pour 3 jours de petite randonnée à pied, de campement en campement. Assez facile les deux premiers jours la balade est devenue plus dure le troisième, où il a fallu marcher dans le sable, escalader une dune, redescendre la falaise à travers une faille avant de la remonter pour atteindre un village, puis un autre... Les genoux ont tenu le coup de justesse! Au fur et à mesure, les campements sont devenus sommaires, très sommaires...mais ce n'était que pour une nuit ou un repas à chaque fois, n'est ce pas?
Nous avons fini par retrouver notre 4x4 et avons rejoint Bandiagara par une piste assez cahotique. Notre beau véhicule qui souffrait depuis le départ d'ennuis de démarrage à chaud s'est offert le luxe de perdre un boulon des biellettes de direction...Arrêt sur la place de Bandiagara, constat désolé de l'incident, le chauffeur part à la recherche de son boulon perdu et... miracle africain, les esprits des chauffeurs des siècles derniers ont dû l'aider, il le retrouve!
Le remettre en place n'est plus l'affaire que de quelques dizaines de minutes, et l'on peut atteindre l'hôtel que l'on avait tenté de réserver. La tentative était vaine mais heureusement il restait de la place. Ouf! Nous voulions aller assister au grand festival des masques de Bandiagara où notre guide, Seydou, jouait de la guitare malienne. Las, avec tous ces incidents, lorsque nous sommes enfin arrivés sur les lieux tout était terminé... Dommage...
Le lendemain est prévu une grande journée sur Mopti et Djenne deux villes anciennes situées sur le Niger et le Bani. Le véhicule refuse de démarrer, à froid cette fois, et s'entête, malgré toutes nos tentatives de le pousser, de le réchauffer, de court-circuiter le démarreur... Enfin un touriste belge, qu'il soit remercié, une fois, nous tire avec son véhicule et dans un grand crachotement notre Toyota démarre enfin. Mopti, au confluent du Niger et du Bani s'offre à nous. On saute dans une pinasse, (enfin après avoir négocié le prix avec un guide et le pinassier!), on fait le tour du port, impressionnant avec ces centaines de pinasses très élégantes, on dirait de grandes gondoles, de toutes tailles de tous gabarits. Certaines sont chargées à ras bord de marchandises qui montent à Tombouctou, d'autres de passagers serrés et multicolores qui vont... je ne sais où! Nous, nous allons de l'autre côté du fleuve, visiter un village Bozo, un peuple de nomades pêcheurs. Ils vivent et se nourrisssent du fleuve, mais visiblement , le fleuve ne nourrit plus son homme! Misère extrême, malnutrition et saleté repoussante... A ce degré là, nous ne connaissions pas encore... Les tas de poissons abandonnés au soleil et aux mouches voisinent dans la rue avec des détritus de tous ordres, le ruissellement des eaux usées dans lesquelles baignent des rats crevés... Brrr! Je suis dégoûté du poisson fumé ou séché pour un temps! Et je ne vous raconte pas l'odeur qui règne, vous imaginez, n'est ce pas?
Régulièrement quand les eaux remontent, ces villages migrent en aval du fleuve, vers le nord, d'où d'autres Bozo sont partis pour aller eux aussi un peu plus loin, et ainsi de suite. Chacun pousse ainsi un peu les suivants dans l'espoir de pêcher des poissons plus gros. A ce jeu, autant être tout de suite en aval, voire à l'embouchure! Mais, bon, la logique, ici, est rarement gagnante.
Après avoir navigué un peu sur le Niger, avoir admiré le confluent, sommes rentrés au port pour évidemment visiter le marché. Rien de spécial, à part les poissons qui envahissent les étals, les marchands de plaques de sel, et les chantiers navals de pinasse. Tout est fait à la main, bien sûr, même les clous sont forgés dans des matériaux de récup. Les planches de karité sont dégrossies, sciées, rabotées, et jointoyées au beurre de karité. Et, miracle, on arrive à ces magnifiques embarcations, qui flottent et naviguent sur le grand fleuve...
Djenne: Une très vieille ville, dont il ne reste que la moderne! C'est toujours un peu décevant d'apprendre que la "vieille mosquée" date en fait de 1907 et que les précédentes n'ont laissé aucune trace. Djenne est cependant une ville agréable dont les ruelles étroites serpentent entre les murs ocre clair des maisons de style marocain ou soudanais. A noter qu'un vaste projet d'assainissement de la ville a permis de canaliser les eaux usées au milieu de la plupart des rues. C'est bien plus propre, on peut marcher à droite, à gauche, ou un pied de chaque côté du ruisseau nauséabond. En tout cas cela évite de se crotter les chaussures!
Retour laborieux: le bac pour atteindre Djenne ne contient que 3 ou 4 véhicules! Il faut attendre, comme à l'aller, plusieurs passages. La longue route de retour se fera donc de nuit, au grand déplaisir de Bounty et du chauffeur, qui, comme tous les africains, ont horreur de voyager la nuit.
Le lendemain, hier donc, retour à Ouaga, d'où tout part et revient. On rend le véhicule au loueur en lui précisant qu'il devrait utiliser l'argent qu'on lui a remis pour effectuer des réparations urgentes et indispensables!
La journée d'aujourd'hui a été consacré aux préparatifs pour le Benin, aux petites courses diverses et au cyber!
Donc demain nous partons, très tôt, le car "bouge" à 5 h00, pour une arrivée tardive à Cotonou. Nous avons enfin, après d'innombrables tentatives réussi à contacter le coordinateur TDS du Bénin qui prépare notre arrivée. A cause du peu de temps que nous avons et des difficultés de liaison entre les deux villages TDS, nous n'en ferons finalement qu'un seul, Avleketé, sous peine de passer tout notre temps en taxi brousse! On profitera donc de l'océan, des lagunes et je l'espère des villages lacustres... On vous racontera bientôt, promis, à notre prochain et dernier retour à Ouaga!
Je voulais insérer des photos dans ce texte, mais apparemment je ne vais pas y arriver! J'essaierai la prochaine fois.... Patience, car les lignes internet sont saturées!

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