mardi 9 février 2010

Un petit tour au Benin

Voilaaaa..! Enfin j'ai réussi à publier quelques photos!
Bon, notre petit tour au Benin, vite fait , bien fait... Nous partîmes frais et dispos, au petit matin, par un beau bus et arrivâmes, 20heures plus tard, fourbus et ensommeillés, à Cotonou.
Cotonou est une ville du même type que Ouaga, avec une circulation encore plus polluante, plus désordonnée. Un nuage de vapeur d'essence frelatée y plane en permanence. Les motos taxis pullulent, je crois qu'elles s'y reproduisent à la vitesse des drosophiles, ce n'est pas possible autrement!! On quitte Cotonou après une brève nuit pour rejoindre Avlékété, un campement TDS avec lequel on a pris contact. Et là, à une grosse vongtaine à peine de km de Cotonou, un petit hâvre de paix et de beauté... Une grosse pirogue taillée dans le tronc d'un baobab géant nous emmène sur la lagune bordée de mangrove et de cocotiers... Le village lui-même est située entre la lagune et l'océan. Une plage de rêve, sable et cocotier à l'infini... Dommage, vraiment dommage que le mal endémique de l'Afrique sévisse ici aussi: Des millions de sachets noirs et blancs la jonchent, la salissent, l'abîment... Jour après jour, la terre d'Afrique se voile d'un linceul imputrescible.
Une jolie piste sableuse nous emmène sur des motos jusqu'à Ouidah, une ville située une vingtaine de km plus à l'ouest. C'est une région vouée au Vaudou, on y visite le temple aux pythons sacrés, serpents paresseux et dociles que l'on nous pose autour du cou, une forêt sacrée aux beaux arbres, frangipaniers, faux fromagers et aux nombreux fétiches , un petit musée intéressant sur l'histoire locale des rois du XIXéme, en passant par l'esclavagisme et la colonisation... et enfin, la route des esclaves, une sorte de mémorial sous forme d'une succession de stations dédié à la mémoire des milliers d'esclaves qui partirent d'ici vers le Brésil, Haïti ou Cuba...
On se promène aussi sur la lagune, en pirogue, dans le village qui vit principalement de la pêche et c'est fini, il faut revenir à Cotonou, reprendre le seul bus qui nous ramènera à temps pour Ouaga. On arrive dimanche matin dans la grande ville, on se nourrit de ses vapeurs jusqu'au soir et à 21heures 30, avec un petit retard de 2 heures, on part enfin... Long voyage d'une vingtaine d'heures, pontué de nombreux arrêts aux postes de police et surtout de douanes qui en profitent chaque fois pour extorquer de l'argent au convoyeur qui a accepté du fret à dédouaner... Tout un programme! Le car transporte en effet autant de marchandises que de passagers! C'est un lot important de tuyaux d'arrosage qui semble exciter plus particulièrement la convoitise des douaniers.... Bon, palabres, attentes, à chaque fois on repart avec un peu plus de retard et on arrive enfin à Ouaga, le lendemain vers 18heures, encore une fois sales, fourbus et ensommeillés. Un petit tour en taxi pour récupérer les vêtements de Françoise chez le couturier, ils sont prêts, heureusement car ils lui étaient nécessaires vu l'état général de la garde robe, on pose Bounty chez son loueur et vite, à la pension Sarah dont heureusement, heureusement, la douche fonctionne ce soir!! Décrassage d'abord, puis repas et dodo!! L'eau sera coupée dans la nuit, mais on s'en fiche, on dort et on est propres!
Maintenant on en est aux dernières heures du séjour: On part tout à l'heure pour Koudougou, dire au revoir aux gens de Doudou. On va manger et passer un moment avec Zak, Robert et Henri. On dort sur place et demain, fin du voyage. On rentre à Ouaga, on fait les dernières courses, les ultimes préparatifs de retour, encore un temps d'attente que l'on va passer chez Jean Paul Bambara, un ami de Bounty et puis aéroport...
On est là depuis un peu plus d'un mois et c'est comme si l'on y avait toujours été. Le temps ne s'écoule pas de la même façon ici. Il s'y étire, se fige parfois dans des attentes sans fin, reprend son cours, tranquillement, lové dans la chaleur qui le ralentit.

photos du Mali

Avec un peu, beaucoup de retard puisqu'en fait on est de retour du Benin, je tente de publier quelques photos du Mali!! Des problèmes de connexion, puis des pannes d'électricité, (toujours recurrentes à Ouaga!) nous en ont empêchés jusqu'à présent... Des photos donc, prises depuis la falaise de Bandiagara, à l'intérieur des campements et une belle pinasse sur le Niger... du rêve...





mardi 2 février 2010

Demain au Benin...

Nous voici de nouveau à Ouaga, au terme d'un petit périple d'une semaine au Mali, en pays Dogon.
Nous sommes partis dans des conditions exceptionnelles pour nous: 4x4, chauffeur, accompagnateur (toujours notre ami Bounty, bien sûr!), le grand luxe quoi! Périple de riche et riche de paysages et de culture. C'est vraiment une région qui change qui tranche par rapport à tout ce que l'on avait vu auparavant. D'abord cette falaise, étrangement surgie de la terre, au milieu d'une brousse aride et de dunes de sable ocre orangé. Pour moi, c'est l'épine dorsale d'un monstre antédiluvien qui s'est enfoui là, attendant sans doute le retour des grands ancêtres pour ressurgir! Ensuite ce sont les villages, à peine visibles, ocre sur ocre, accrochés au flanc de la falaise, où perchés à son bord extrême, cases de pierres et de terre, la plupart abandonnées maintenant. Enfin, il y a les coutumes et les gens, toute la belle mythologie dogon que l'on nous conte et raconte, même si elle n'appartient plus qu'à un passé désormais révolu. L'animisme n'existe plus qu'à titre folklorique, au profit des touristes, on nous montre des fétiches désuets, des traditions qui ne se perpétuent plus que par quelques vieux où dans quelques quartiers des villages. Mais les mosquées sont presque cachées, pourtant leur style soudanais s'intègre parfaitement au paysage. Beaucoup pour le tourisme, donc, car touristes il y a, nombreux, proies faciles pour les guides bien organisés et les campements incontournables. Nous n'avons pas dérogé, car touristes nous étions, bien qu'ayant été amenés dans des villages encore préservés de l'envahissement et des perpétuels quémandeurs, marchands en tout genre, petits arnaqueurs qui sévissent partout où il y a du blanc dans le coin! Une grosse heure de piste après le goudron nous a amené à un super campement, chez Ali. Confort à l'européenne, presque, propreté, et prix en conséquence! Ensuite nous sommes partis pour 3 jours de petite randonnée à pied, de campement en campement. Assez facile les deux premiers jours la balade est devenue plus dure le troisième, où il a fallu marcher dans le sable, escalader une dune, redescendre la falaise à travers une faille avant de la remonter pour atteindre un village, puis un autre... Les genoux ont tenu le coup de justesse! Au fur et à mesure, les campements sont devenus sommaires, très sommaires...mais ce n'était que pour une nuit ou un repas à chaque fois, n'est ce pas?
Nous avons fini par retrouver notre 4x4 et avons rejoint Bandiagara par une piste assez cahotique. Notre beau véhicule qui souffrait depuis le départ d'ennuis de démarrage à chaud s'est offert le luxe de perdre un boulon des biellettes de direction...Arrêt sur la place de Bandiagara, constat désolé de l'incident, le chauffeur part à la recherche de son boulon perdu et... miracle africain, les esprits des chauffeurs des siècles derniers ont dû l'aider, il le retrouve!
Le remettre en place n'est plus l'affaire que de quelques dizaines de minutes, et l'on peut atteindre l'hôtel que l'on avait tenté de réserver. La tentative était vaine mais heureusement il restait de la place. Ouf! Nous voulions aller assister au grand festival des masques de Bandiagara où notre guide, Seydou, jouait de la guitare malienne. Las, avec tous ces incidents, lorsque nous sommes enfin arrivés sur les lieux tout était terminé... Dommage...
Le lendemain est prévu une grande journée sur Mopti et Djenne deux villes anciennes situées sur le Niger et le Bani. Le véhicule refuse de démarrer, à froid cette fois, et s'entête, malgré toutes nos tentatives de le pousser, de le réchauffer, de court-circuiter le démarreur... Enfin un touriste belge, qu'il soit remercié, une fois, nous tire avec son véhicule et dans un grand crachotement notre Toyota démarre enfin. Mopti, au confluent du Niger et du Bani s'offre à nous. On saute dans une pinasse, (enfin après avoir négocié le prix avec un guide et le pinassier!), on fait le tour du port, impressionnant avec ces centaines de pinasses très élégantes, on dirait de grandes gondoles, de toutes tailles de tous gabarits. Certaines sont chargées à ras bord de marchandises qui montent à Tombouctou, d'autres de passagers serrés et multicolores qui vont... je ne sais où! Nous, nous allons de l'autre côté du fleuve, visiter un village Bozo, un peuple de nomades pêcheurs. Ils vivent et se nourrisssent du fleuve, mais visiblement , le fleuve ne nourrit plus son homme! Misère extrême, malnutrition et saleté repoussante... A ce degré là, nous ne connaissions pas encore... Les tas de poissons abandonnés au soleil et aux mouches voisinent dans la rue avec des détritus de tous ordres, le ruissellement des eaux usées dans lesquelles baignent des rats crevés... Brrr! Je suis dégoûté du poisson fumé ou séché pour un temps! Et je ne vous raconte pas l'odeur qui règne, vous imaginez, n'est ce pas?
Régulièrement quand les eaux remontent, ces villages migrent en aval du fleuve, vers le nord, d'où d'autres Bozo sont partis pour aller eux aussi un peu plus loin, et ainsi de suite. Chacun pousse ainsi un peu les suivants dans l'espoir de pêcher des poissons plus gros. A ce jeu, autant être tout de suite en aval, voire à l'embouchure! Mais, bon, la logique, ici, est rarement gagnante.
Après avoir navigué un peu sur le Niger, avoir admiré le confluent, sommes rentrés au port pour évidemment visiter le marché. Rien de spécial, à part les poissons qui envahissent les étals, les marchands de plaques de sel, et les chantiers navals de pinasse. Tout est fait à la main, bien sûr, même les clous sont forgés dans des matériaux de récup. Les planches de karité sont dégrossies, sciées, rabotées, et jointoyées au beurre de karité. Et, miracle, on arrive à ces magnifiques embarcations, qui flottent et naviguent sur le grand fleuve...
Djenne: Une très vieille ville, dont il ne reste que la moderne! C'est toujours un peu décevant d'apprendre que la "vieille mosquée" date en fait de 1907 et que les précédentes n'ont laissé aucune trace. Djenne est cependant une ville agréable dont les ruelles étroites serpentent entre les murs ocre clair des maisons de style marocain ou soudanais. A noter qu'un vaste projet d'assainissement de la ville a permis de canaliser les eaux usées au milieu de la plupart des rues. C'est bien plus propre, on peut marcher à droite, à gauche, ou un pied de chaque côté du ruisseau nauséabond. En tout cas cela évite de se crotter les chaussures!
Retour laborieux: le bac pour atteindre Djenne ne contient que 3 ou 4 véhicules! Il faut attendre, comme à l'aller, plusieurs passages. La longue route de retour se fera donc de nuit, au grand déplaisir de Bounty et du chauffeur, qui, comme tous les africains, ont horreur de voyager la nuit.
Le lendemain, hier donc, retour à Ouaga, d'où tout part et revient. On rend le véhicule au loueur en lui précisant qu'il devrait utiliser l'argent qu'on lui a remis pour effectuer des réparations urgentes et indispensables!
La journée d'aujourd'hui a été consacré aux préparatifs pour le Benin, aux petites courses diverses et au cyber!
Donc demain nous partons, très tôt, le car "bouge" à 5 h00, pour une arrivée tardive à Cotonou. Nous avons enfin, après d'innombrables tentatives réussi à contacter le coordinateur TDS du Bénin qui prépare notre arrivée. A cause du peu de temps que nous avons et des difficultés de liaison entre les deux villages TDS, nous n'en ferons finalement qu'un seul, Avleketé, sous peine de passer tout notre temps en taxi brousse! On profitera donc de l'océan, des lagunes et je l'espère des villages lacustres... On vous racontera bientôt, promis, à notre prochain et dernier retour à Ouaga!
Je voulais insérer des photos dans ce texte, mais apparemment je ne vais pas y arriver! J'essaierai la prochaine fois.... Patience, car les lignes internet sont saturées!