lundi 31 octobre 2011

Los Angeles

Avertissement: Cet article a été rédigé sur trois jours, il s'agit donc d'un petit exercice de chronologie inversée, par rapport à l'ordre normal du blog qui suit lui-même une  chronologie inversée... Vous comprenez? Non? Ça ne fait rien, lisez, tout se remettra en ordre, naturellement!

Nous sommes à Los Angeles depuis hier. On a quitté l’Arizona et son éternel paysage désertique, petit à petit, presque à reculons… pour revenir en Californie et là ! Cerise sur le désert ! En voilà un de nouveau ! Joshua Tree Park, le dernier parc national du périple est un désert,un vrai, aride, caillouteux, planté de ci de là de ces étranges arbres qui n’en sont pas, des yuccas géants montés en troncs et qui tendent leurs bras vers le ciel en les tordant de soif…
Un peu plus loin, à peine sortis du parc, jaillit dans la vallée aride une forêt d’éoliennes qui élèvent leurs grandes pâles vers le ciel en quête de vent et soudain, c’est l’oasis : Palm Spring et ses palmiers, niché sous la montagne.
Après, après c’est la freeway, presque déjà la grande banlieue de L.A, la ville tentaculaire. On s’en approche, le flot des véhicules se grossit de multiples apports adjacents, on passe de quatre à six voies, puis huit, plus des voies rapides d’où l’on ne sort pas, plus des voies de covoiturage (auxquelles on a droit avec quatre personnes à bord, c’est beaucoup !), les échangeurs se compliquent infiniment et tissent sur l’écran du GPS des trames croisées qui me rappellent les tableaux de fils que l’on faisait et qui furent à la mode il y a … déjà longtemps !
On traverse la ville sans la voir, jusqu’à l’ouest ultime de la ville, Long Beach, où se trouve un RV camp. On y arrive tôt, il y a de la place. Chance ! Arvie, que l’on considère comme imposant par rapport aux critères européens, fait tout petit  rangé à côté des mastodontes qui constituent le gros de l’effectif ici. Ce sont des vrais bus, dotés en plus d’extensions latérales, jusqu’à cinq, je les ai comptées ! La plupart du temps, ils traînent derrière eux une voiture, souvent un confortable 4x4, pour d’improbables incursions en dehors des highways……
Il y a une navette gratuite, un petit bus qui circule dans le coin et nous emmène chercher le « métro ».  C’est plutôt une sorte de train-tramway, assez lent, qui nous emmène au centre ville en un peu plus d’une heure. On se balade dans le « financial district » un quartier neuf, aux grands immeubles de verre, qui se haussent toujours plus haut, toujours plus beau, en se toisant l’un dans l’autre. Certains risquent des courbes pour mieux capter la lumière du soleil couchant, mais le plus beau, bien sûr, est le Music Center dessiné par Ghery ; Nous avons vu le musée de Bilbao, le MIT à Boston et chaque fois c’est le même enchantement devant ses œuvres. Ce sont des sculptures qui font office de bâtiments mais qui transcendent leur usage, leur destination. Des courbes de métal qui se lacent, se délacent, s’entrelacent, qui jouent à l’infini avec la lumière, des ailes de métal qui semblent prêtes à battre et se dressent déchirant le bleu du ciel puis finalement réfrènent leur envol... On s’éloigne à regret de ce joyau, petits piétons incongrus dans cette ville d’autos.
On reviendra demain, car aujourd’hui, on a acheté un « tour », en vrais touristes, afin d’avoir un aperçu de la ville, trop difficile à appréhender sans véhicule. Et pas question d’y aller avec Arvie, on ne saurait où le poser !
 Le tour nous fait faire le tour d’Hollywood, nous parle de célébrités inconnues de nous, nous montre les empreintes de célébrités oubliées, les restaurants et les boutiques de luxe fréquentés par des célébrités, leurs maisons à Beverley Hill, les studios où certains eurent leur heure de gloire, bref beaucoup trop « people » à notre goût ! Heureusement, il nous ramène au Music Center où on l’abandonne pour pouvoir contempler à nouveau ce beau morceau d’art contemporain. (Ce type est un génie, un pur génie, dit Françoise, amoureuse de ses réalisations, il fait de l’utile un chef d’œuvre de beauté !)
Demain, notre dernier jour à L.A on essaiera d’autres quartiers, peut-être plus vivants, plus humains, on l’espère, car toutes ces tours fièrement dressées, ces façades miroirs, façades métal, à la parade avec toutes leurs décorations, statues brillantes et écran d’eau, jardins suspendus et marbre poli, sont belles et froides et étrangement vides d’humains, ces bizarres petits bipèdes qui les ont pourtant érigées. Ils se sont tous recroquevillés dans leurs étuis de tôle qui les transportent de ça, de là à travers la ville.
Demain, on verra si l’homme, l’homo sapiens pedibus, perdure encore dans ce coin du monde dominé par l’homo automobilus. Quelques signes nous permettent de garder espoir !

Voilà, nous venons de passer notre dernière journée de découverte de la ville : C’est confirmé, il reste des îlots de résistance où l’homme vit encore. C’est une espèce particulière, en rapide progression dans la région, l’homo latino.  Nous avons trouvé un grand marché couvert, très ressemblant avec ceux du Mexique, les odeurs d’épices en moins, pleins de gens qui mangent, boivent et même, font leurs achats pour manger, boire… Les fonctions vitales, quoi !
Il est très près du Musée d’art contemporain que nous avons visité juste avant et bien plus riche !

mardi 25 octobre 2011

Bribes

Bien sûr, le voyage continue… Mais nous avons appris avec tristesse le décès de Catherine Zimmermann, ce week-end, et partageons la douleur de sa famille et de ses proches, avec une pensée toute particulière pour JB son fils, et gendre de J&J. Nous ne pouvons oublier et nous empêcher de faire le rapprochement, qu’il y a tout juste un an, Guillaume, notre gendre a lui aussi perdu son père…

Bien sûr, le voyage continue, mais parfois, il se teinte d’amertume, de regrets, de tristesse. Les roches rouges se voilent de gris, le ciel bleu vire au noir, on ne sait plus vers quelle destinée nous conduit le ruban infini des routes, le doute nous étreint… Quand l’ailleurs se drape de couleurs sombres, reflets de l’âme, on voudrait être ici, dans la chaleur de l’âtre, pour étreindre et protéger.

Bien sûr, le voyage continue, le vent se lèvera et rendra au ciel et au paysage leurs vraies couleurs, la route nous mènera à bon port, le doute se dissipera. Que l’on soit ici ou ailleurs, on est toujours près de ceux que l’on aime…

Le voyage continue...

Arizona, encore...

Route du Sud- Ouest… Nous nous dirigeons tranquillement vers Los Angeles, à petits pas, avant d’aborder la cité géante. Nous sommes un peu en avance sur notre calendrier initial, alors on ne se presse pas. Hier et aujourd’hui nous avons visité les environs de Flagstaff, la troisième ville d’Arizona, avec  60 000 habitants. (Tiens, aujourd’hui, c’est ma journée chiffres, alors pour les amateurs de précision, l’Arizona, c’est presque 300 000 km2, soit plus de la moitié de la France, 6,2 millions d’habitants dont la moitié dans les deux plus grosses villes Phoenix et Tucson. Autant dire qu’il y a beaucoup de désert…) Nous avons vu, Vulcano Crater, qui comme son nom l’indique est un ancien cratère volcanique, sans grand intérêt par lui-même, sinon que la route et le paysage sont très sympas, peu fréquentés, et que l’on traverse un site protégé avec d’anciens villages et citadelles hopis, les anciens et peut-être premiers habitants de la région.
 Des traces humaines, cela nous change de l’universelle minéralité dans laquelle nous avons baigné jusqu’à maintenant !
 Nous avons aujourd’hui poursuivi notre quête des origines avec Walnut Canyon, encore un endroit très joli, un petit canyon niché dans les pins, avec des abris sous roches, où vivaient des indiens Waputki autour du XIème XIIème siècle. Je passerai sur l’histoire complexe et un peu floue des tribus indiennes, de leurs migrations, implantation, évolution, métissages divers… Mais le site était intéressant, agréable à visiter, et de dimension humaine. Ma réserve de superlatifs va pouvoir se reconstituer, il était temps !  Nous sommes allés voir aussi, puisque nous étions dans le coin, Météor Crater, qui, comme son nom l’indique encore est un cratère causé par une météorite ! (Les américains ne montrent guère d’imagination pour donner les noms !)
 Un grand trou creusé dans le désert. Autour c’est tout plat et … attention à la marche ! Un vide de plus d’un kilomètre de diamètre, profond, entouré d’un bourrelet …
  Comme partout ici, un musée explicatif, très pédagogique, si l’on n’y prend garde on va revenir à un vrai voyage scolaire ! Cerise dans le cratère, on bénéficie d’un chouette campground, à presque un demi- mile de la highway, avec wifi et salles de bain ! THE luxe !

dimanche 23 octobre 2011

Ce soir, nous dormons à nouveau à Cameron, au bord de la Hwy 89… Nous avons bouclé une petite boucle à l’intérieur de la grande ! Le Grand Canyon nous attire, son vide immense nous aspire… Non, c’est notre route qui nous a menés là, après être passés par Arches Park  hier, puis, aujourd’hui Monument Valley. Arches Park est un endroit étrange où, semble-t-il, d’énormes vers antédiluviens se sont amusés à creuser d’étroits pans de rochers pour dessiner de grandes arches de pierres. Des esprits plus scientifiques prétendent que ce sont des phénomènes naturels d’érosion qui sont à l’origine de ce phénomène… 

Je n’épiloguerai pas. D’autres rochers arborent des formes curieuses comme d’énormes truffes au chocolat qui se seraient déformées et auraient légèrement coulé, sous l’action du temps, de la chaleur, ou du frottement lent des vers géants, qui sait ? Il y a aussi des cheminées de fées, des parois rouges verticales, des lits de sable, des pins tordus et une foule considérable de visiteurs qui viennent en famille passer le week-end dans ce lieu magique.

 Des enfants partout, comme des petits lutins malicieux, qui glissent dans le sable, grimpent aux rochers, se faufilent au pied des arches, des pères débonnaires qui les regardent faire et des mères qui semblent avoir depuis longtemps abandonné toute prétention éducative. Pour la première fois, nous avons eu du mal à garer notre Arvie et n’avons pu accéder à toutes les arches…
 La gérante du campground où nous nous sommes réfugiés le soir, nous a  expliqué que les enseignants de l’Utah avaient deux jours de réunions, qu’ils en profitaient donc pour partir un long week-end. Comme leurs classes vaquaient, les parents prenaient des congés et emmenaient eux aussi leur progéniture s’aérer dans les mêmes lieux, c'est-à-dire les magnifiques parcs nationaux qu’ils ont à leur disposition ! Ils auraient bien tort de se priver, mais nous avons poursuivi très vite notre voyage fuyant cette région bondée pour retrouver les grands espaces (presque) déserts. Comme on s’habitue bien au calme, au (presque) silence…
 Monument Valley devait nous offrir cela, en plus de son paysage unique. C’est vrai que le paysage est unique et magnifique. C’est vrai aussi que l’on a vu et revu cette carte postale du cow-boy en ombre chinoise devant les monolithes rouges au soleil couchant. C’est vrai, comme nous a dit Jo, que des roches rouges, des roches ocres, des roches veinées, teintées, des roches de toutes les couleurs on en a vu beaucoup, beaucoup. 
Alors le mythe de Monument Valley nous laisse un peu sur notre faim et nous abandonnons à d’autres l’excursion en 4x4 vaguement prévue qui nous aurait baladés tout autour de la carte postale. On repart donc en direction du sud, vers Flagstaff, mais, dans ce désert qu’est la grande réserve Navajo, aucun campground. Il nous faut pousser jusqu’à Cameron, une de nos étapes précédentes, en sortant du Grand Canyon. La petite boucle est bouclée, la grande se poursuit ; nous aspirons à un peu de vert et d’eau après cette fantastique  orgie minérale. Je crois qu’il nous faudra attendre la Californie, dans quelques jours, pour en retrouver… Peut-être !

Bribes

Ce blog n’est pas très intime, vous l’avez remarqué, il rend compte de notre voyage et donne un peu de nos nouvelles à tous ceux que cela peut intéresser, ce qui ne veut pas dire que nous oublions nos amis, nos proches, et les laissons sans compatir le moins du monde à leur sort ! A ceux qui travaillent et qui rêvent un peu en lisant ma prose, les rêves se réalisent parfois, si ! si ! J’adresse une pensée émue à ceux que nous avons laissés malades, souffrant, qu’ils sachent que même au milieu d’un si beau voyage, ils ne sont jamais bien loin de nous … Et j’en profite pour glisser un mot particulier à notre ami Bernard.
Lettre à Bernard
Ami,
Alors toi, tu nous en fais de belles ! On tourne le dos et hop ! Tu te laisses aller ! Ah ! Tu peux gloser sur les fuites de Arvie, mais tu fais de même, il paraît que tu perds des mots ?. Nous avons trouvé un bon praticien pour le réparer, j’espère que les tiens vont te remettre en état de fonctionner, car sans tes blagues et tes jeux de mots à deux francs six sous, les soirées vont se faire longues…
Pour te tester en douceur un petit quizz… Attention bonhomme, il y a des pièges !
Trouve la bonne réponse.
AVC est un sigle qui veut dire :
Autre Vin Champenois
Allons Visiter  Chalons
Adjectif Verbal Camouflé
Alimentation Vertueusement Conseillée
Ami Vêtu Chaudement
Arrivons, Verse le Café
Admettre, Voir, Comprendre
Aski dent, Vase culière, Cerf  et brâme
Allez, Vas-y, Chauffe !
Amour, Vaillance, Camaraderie
Tu as trouvé ? J’avais pourtant prévenu qu’il y avait un piège !
Entraîne-toi  tranquillement je t’en ferai un autre de vive voix.
Allez, Va, Copain !  Avance Vaillamment sur ton Chemin, Affine Vannes et Calembours, Apprête Vins et Champagne…
A bientôt !
Jean

vendredi 21 octobre 2011

Bryce Canyon


 Le voyage se poursuit… Après le choc du Grand Canyon, nous avons passé une étape moins spectaculaire au bord du lac Powell. Certes, c’est un très beau lac, mais qui ne se laisse admirer que depuis un bateau. Arvie n’est pas encore amphibie, d’ailleurs il ne fuit plus, alors nous n’en avons vu qu’un tout petit bout, une infime partie, car il est immense, se ramifie en d’innombrables bras qui sont autant de canyons inondés. Les routes, celles qui nous sont accessibles, mais de toute façon il y en a très peu, ne desservent que les deux extrémités… Nous étions à l’une d’elle : Page ! (C’est le nom de la petite station du bout du lac.) Alors nous nous sommes baladés dans le coin, canyon, falaises rouges, le Colorado, c’était sympa. 

Cette étape a été attristée par la nouvelle de l’hospitalisation de notre pote Bernard, celui qui met des commentaires fumeux sur notre blog.  Une manière de nous rappeler durement que nous avons bien de la chance de vivre ce voyage. Alors nous profitons, d’autant plus que, depuis, nous avons été un peu rassurés sur son sort. Après quelques hésitations, nous avons laissé de côté Zion Park, dont plusieurs américains nous avaient vanté la beauté, pour nous diriger tout de suite sur Bryce Canyon… C’est vrai, quoi, on ne peut pas tout faire, tout voir ! Il faut se laisser quelques lacunes à combler, quelques territoires à découvrir, qui sait, une autre fois ?
 Donc Bryce Canyon ! Une route superbe qui longe des falaises rouges, nous amène au Bryce Canyon National Park. Et là, surprise ! Admirable surprise ! Brice Canyon n’est pas un canyon, pas vraiment, mais un ensemble de canyons qui ont sculpté l’immense plateau rouge, l’ont creusé, l’ont érodé, l’ont érigé en cheminées de fée, en piliers, en dentelle de pierre. Un sentier joliment tracé nous emmène en balade au milieu de cette féerie.  Au milieu de ces jaillissements de pierre rouge, qui crèvent le ciel d’un bleu profond…Encore une fois, c’est magnifique et grandiose. C’est comme toute la Cappadoce réunie sur un même site.

Ce voyage aura mis à mal notre capacité d’émerveillement…  Parfois, le soir, nous récapitulons et chacun dit ses préférences : Mais c’est difficile, chaque site nous ayant apporté son lot d’enchantement. Alors on ne dit plus rien et on ferme les yeux sur ses images préférées, celles que l’on a gardées au fond de son cœur.
Demain, nous reprenons la route pour Arches Park, encore un lieu de merveilles et d’enchantements… Le ciel est bleu, la route est belle, à bientôt !

dimanche 16 octobre 2011

Grand Canyon



Vous en avez rêvé ? Nous l’avons fait ! Le Grand Canyon est plus, beaucoup  plus qu’une simple fissure… Le mot « grand » est trop petit, ridiculement petit, pour décrire ce spectacle. C’est dommage, j’ai déjà épuisé une bonne partie de mes superlatifs, car ils auraient fort bien convenu.
 Les autres parcs étaient immenses et  magnifiques, offraient à voir des choses uniques, des curiosités, des bizarreries de la nature, mais là, c’est… impressionnant !
 Carrément impressionnant ! Comme un autre monde à perte de vue, avec l’autre rive comme horizon. Un monde rougeâtre, bouleversé, chaotique, s’étirant en d’innombrables plans qui s’imbriquent, se superposent, un dédale de failles, de fissures, de falaises au fond duquel s’insinue le Colorado, maître d’œuvre génial et inconscient de cet univers, terrassier de l’infini. Nous n’avons pas les moyens de le survoler, ni d’en affronter les rapides sur un raft… et le regrettons, car nous aurions aimé surtout le voir d’en bas. Alors nous avons marché au bord, tout au bord, et c’est déjà beaucoup… Cette immensité nous a empli les yeux.
Le voyage continue, il nous reste encore tant à faire et à voir, il va me falloir renouveler ma réserve d’adjectifs, j’ai peur de tomber en panne de mots, de devenir aussi sec que l’Arizona et le Nevada réunis. Demain, nous continuons de suivre le Grand Canyon à l’est avant de rejoindre le lac Powell et d’en explorer les abords…
A suivre suivant connexion…

Bribes

La Vallée de la Mort, un désert ?
 Certes, c’en est un, un vrai, sans une goutte d’eau potable sur des kilomètres et des kilomètres. De la roche, de la terre et du sel… Il y a même un peu de sable, quelques dunes qui semblent égarées, transportées là depuis leur lointaine Afrique, des dunes immigrées en quelque sorte. Mais pas clandestines, ça non, elles ont dû obtenir leur « green card » car elles s’affichent ostensiblement !
Donc c’est un désert, un vrai, mais américanisé, transformé en National Park, c'est-à-dire doté de vraies routes accessibles au bus et aux RV, avec  des aires de repos, des parkings équipés de toilettes (sèches, bien sûr !), un désert balisé, surveillé, organisé et protégé, offert, ouvert au tourisme.
La Vallée de la Mort a hérité son nom d’un passé ou la traverser était une épreuve dangereuse, mais maintenant, pour y mourir il faut y mettre du sien ! Sortir des sentiers balisés, en étant mal préparé, mal organisé et en ne prévenant personne ! En bref, la traverser en deux jours avec notre Arvie n’avait rien d’une aventure, on est très très loin de l’Afrique , et sur ce plan là, on reste un peu sur notre faim… Non ! Notre soif !

De la Vallée de la Mort à Las Vegas





Et voilà ! Depuis mon dernier message, qui date pourtant à peine de trois jours, nous sommes passés de la Vallée de la Mort, à Las Vegas et nous sommes maintenant tout au bord du Grand Canyon ! Notre voyage enchaîne les points forts à une cadence telle que l’on a presque du mal à les mémoriser, à mûrir ses sentiments, ses émotions. 
Difficile de prendre du recul… Encore, qu’au bord du Grand Canyon,  il vaille mieux ne pas trop en prendre !
En trois jours deux extrêmes : Un désert minéral à la froide beauté, étirement chaotique de bizarreries  géologiques et de l’autre toute l’extravagance, la mégalomanie, la folie des hommes ; une ville surgie du désert, une grande ville, comme un immense et somptueux décor.
Mercredi matin, nous marchons dans le Golden Canyon, un défilé entre des parois argileuses jaunes, parfois teintées de vert ou de rouge qui nous mène au pied de Red  Cathedral, des falaises de roches ocre rouge. Il fait beau, chaud, diront certains, le ciel est d’un bleu parfaitement pur. Plus loin, c’est un lac de sel, blanc, aveuglant et puis plus loin encore, des roches sombres, des éboulis aux reflets noirs qui rendent l’atmosphère presque lugubre.
 Ici, c’est le règne du silence, d’une certaine austérité, même si la nature ne fait pas toujours preuve de sobriété dans ses décors.
Mercredi soir nous marchons dans Las Vegas : On descend le « strip » à pied, c’est le grand boulevard qui traverse la ville et le long duquel s’alignent sur un peu plus de six kilomètres, des dizaines d’hôtels, baroques, luxueux, des centaines de magasins, d’attractions diverses, des milliers de machines à sous, tables de jeux. Et là, c’est la débauche… 
Débauche de lumières, d’écrans géants, de panneaux publicitaires, débauche d’eau, partout des cascades, des plans d’eau, des paysages reconstitués, des spectacles de jets d’eau (très beau !), débauche de bruit, de fric, de gens. Des gens venus de partout, en foule, contempler avec une admiration parfois teintée d’un zeste de commisération ce parc d’attraction géant et donner leur obole aux machines dévoreuses de dollars.
Nous avons fait comme les autres, admiré certaines magnifiques réalisations, souri devant le kitsch de certaines autres, nous nous sommes égarés dans les labyrinthes des salles de jeux et avons marché jusqu’à ce qu’un taxi magnanime nous ramène, assez fourbus, au RV Park en périphérie de la ville. Les sommes perdues dans les entrailles électroniques des nouveaux « bandits manchots » ont été très modiques, si, si ! Pas de folies dans le groupe. Il faut dire que les velléités de jeu de certaines, ont été vite refroidies par la technicité des machines et la difficulté d’appréhender les différentes sortes de jeux sur les tapis verts. En fait il faut, soit être un habitué, soit accepter de perdre beaucoup pour apprendre et comprendre !
Après cette plongée au cœur de la nature humaine, toujours aussi fascinante que contradictoire, nous avons traversé un petit bout de l’Arizona, longue route droite traversant des plateaux stériles pour nous poster à Grand Canyon Village. Demain, cette faille se dévoilera à nous… pour vous ce sera un peu plus tard !

mardi 11 octobre 2011

En route vers la Vallée de la Mort

Enfin, Arvie est remis de son épanchement aqueux et nous voilà repartis ! Dans l’attente de sa réparation nous avons passé la dernière nuit à Bakersfield, une ville hideuse, hérissée de derricks qui s’étire au pied de la Sierra Nevada. Le RV campground qui nous a accueillis, bien équipé, fuite d’eau oblige, était coincé entre une freeway et une ligne ferroviaire très fréquentée. Ambiance garantie… De toute façon, nous commençons à comprendre, lentement, que leurs campgrounds sont tous situés le plus près possible d’une belle grande route passante ! On va s’y faire !

Aussitôt la fuite colmatée, nous avons pris la route en direction de la Death Valley, la Vallée de la Mort, dont nous commencerons la traversée demain, après avoir fait tous les pleins. La route, toute droite, traverse le désert Mojave en longeant à l’est la Sierra Nevada.
 Encore une fois des paysages somptueux, infinis, ou les roches arides s’érigent soudain en cathédrales baroques bardées d’ocre rouge, en tuyaux d’orgue brandis vers le ciel bleu… C’est très beau et très désert, et puis parfois une oasis, un îlot de verdure avec quelques maisons incongrues. Nous nous sommes arrêtés à Olancha, dans un RV park aux portes de la Death Valley, au bord de la route naturellement, il y a de l’eau, un peu d’ombre, une connexion, mais pas d’essence ! Il nous faudra faire un détour demain pour que notre glouton véhicule nous emmène sans coup férir de l’autre côté de ce désert !



lundi 10 octobre 2011

Bribes

Lettre à Arvie
Arvie, cher Arvie,
Arvie, cette lettre n’est pas une lettre d’amour, même si elle ne signe pas définitivement mon désamour…Non, c’est une lettre de récrimination, de protestation, une lettre un peu aigre, j’aimerais que tu t’amendes…
Je sais, je t’appelle « cher Arvie », mais nos liens ne sont pas encore assez mûrs pour que je puisse te chérir, aussi faut-il plutôt prendre « cher » dans le sens de coûteux !
Tu t’en défends ? Souviens-toi, non tu ne peux pas, c’était avant que tu n’apparaisses, quand tu n’étais qu’en projet, un projet qui par étapes successives s’est révélé de plus en plus dispendieux, de choix successifs en options indispensables, alors nous avons opté, choisi, acquiescé… Et puis, enfin, tu étais là, devant moi, devant nous qui t’avions choisi, espéré, rêvé.
D’emblée, rien n’a été clair : Il nous a fallu cautionner ce qui aurait dû depuis longtemps être réglé, parlementer, palabrer… puis cela s’est aussi arrangé.
Enfin, nous avons pu commencer notre vie commune. Aller par monts et par vaux, suivant notre bon plaisir, plus par monts que par vaux d’ailleurs, ce qui a encore augmenté ta gloutonnerie naturelle, gloutonnerie qui nous oblige à des fréquents et coûteux arrêts pour tenter de te rassasier.
Mais chacun a ses petits défauts, n’est ce pas, d’ailleurs nous nous y attendions et ta compagnie m’allait bien. Tu me rendais la vie dans la nature confortable et facile…
Et puis, et puis le comble !
Voilà que tu fuites, que tu te liquéfies, que tu fais tes eaux, que tu pars en eau de boudin ! On peut te suivre à la trace, le petit Arvie et ses gouttes d’eau claires, mais ce ne sont plus des gouttes, mais des seaux d’eau, des averses, des torrents, que tu perds ! Tu te répands Arvie, tu te répands !
Alors non ! Non et non ! Je veux bien admettre ton appétit féroce, ton enveloppe fragile et tes mécanismes délicats, je veux bien passer sur toutes les réserves, alimentations, drogues, qui te sont nécessaires et qu’il nous faut sans cesse renouveler, mais perdre de mon temps, de notre temps commun à te faire soigner, réparer, abréger ainsi notre temps ensemble, déjà limité au départ par notre contrat commun, l’amputer d’une attente inconfortable, toi  immobilisé dans les mains d’un spécialiste et nous rongeant notre frein à défaut de chauffer les tiens, tournant en rond en espérant un diagnostic bénin, ça non ! Je proteste ! Nous avons fait attention à toi, nous t’avons chouchouté, dorloté, t’avons emmené dans les plus beaux endroits et tu nous fais le coup de la fuite !
Arvie, Arvie, je te le dis, dorénavant tu as intérêt à te tenir à carreau , à te serrer la ceinture et même à faire de la rétention d’eau, mais plus de fuite, plus de débordement disgracieux, plus d’épanchement en public, reste sec et, peut-être pourrons nous oublier ce qui s’est passé, reprendre goût à la vie ensemble, repartir d’une bonne roue.
Moi, c’est ce que je souhaite, à toi de voir…

samedi 8 octobre 2011

Bribes

Les arbres géants
Ils sont
Les doigts de la terre pointés vers le ciel, issus de la roche, générés par le feu.Fiers et droits, ils dénoncent leur magnifique solitude aux étoiles et, siècle après siècle, s’efforcent en vain de les caresser de leur tête chenue. Mais les étoiles continuent leur ronde éternelle, et les séquoias, las de leur indifférence, s’abattent de tout leur immense long, dans les bras de la terre maternelle.
Ils sont
Les doigts de la terre qui déchirent le ciel, la tête dans les nuages et le feu qui danse à leur pied, ils contemplent de leur immense haut, l’humanité qui rampe et les admire, l’humanité qu’ils ont vu naître et grandir. Les séquoias, lassés de son inanité, un jour soudain, se couchent enfin et couvrent la terre de leur corps infini.
Ils sont
Les doigts de la terre qui griffent le ciel,  giflés par la bourrasque, mordus par le feu, ils étirent le dos et referment leurs bras pour se mieux protéger, ils se tendent et se vrillent, hissent la tête au dessus des tempêtes et tentent en vain de soulever leurs pieds de pachydermes. Las de résister infiniment, les séquoias millénaires, s’effondrent enfin et réunissent dans leur chute immense, la bourrasque et le feu qui se détruisent mutuellement.

RV au Yosémite


Nous nous habituons petit à petit au passage au RV. A côté d’indéniables avantages, confort de voyage,  un peu plus de souplesse dans les étapes, il faut gérer des contraintes techniques, vider et remplir les réservoirs, par exemple, ce qui ne va pas toujours de soi et nous complique parfois un peu la vie!

Dans le Yosémite, le RV s’est montré plus que satisfaisant. Il nous a permis de dormir, en sauvage, à proximité du parc, dans des coins absolument superbes et tranquilles… Car le Yosémite est, une fois encore, un parc superbe : Des montagnes de granit qui s’arrondissent en dômes majestueux, des parois verticales à faire rêver les grimpeurs les plus extrêmes, et bien sûr, des forêts, encore des forêts, traversées par des torrents qui tombent en multiples cascades dans la vallée… 
Encore une fois une nature à peine égratignée par la présence humaine pourtant bien nombreuse. Il y a du monde, au Yosémite, on ne s’y sent pas seul, ça non… Chaque parking est plein, chaque point de vue accessible en véhicule est bondé, les hôtels et les campgrounds sont pleins, toujours pleins, même en fin de saison, comme nous sommes maintenant.
 Ce matin, mercredi 5 octobre nous avions décidé de quitter le parc, les prévisions météo n’étant pas bonnes et ayant déjà admiré le principal, sous le soleil. Il nous restait, sur notre route, à voir les séquoias géants du Yosémite, à Mariposa. (C’est là, qu’autrefois une route passait sous un arbre, mais l’arbre s’est abattu, vaincu par le poids de la neige, à la fin des années soixante…) Il a plu toute la nuit, que nous avons passée à proximité… Au matin, on prend la navette pour se rendre à pied d’œuvre (Les RV ne peuvent emprunter cette petite route, le parking terminal étant trop exigu !)

 Il fait froid, le ciel est chargé. On s’engage pour une petite boucle à pied, au pied des géants. Des fûts énormes, à l’écorce rouge qui montent droit vers le ciel, et qui nous ramènent à l’échelle d’insectes à leurs côtés. Il y a du monde sur cette courte promenade, nous pensons la prolonger pour nous écarter de la foule ; mais la pluie arrive à nouveau, se transforme vite en grésil, puis en neige qui tombe à gros flocons. Nous renonçons à poursuivre la balade et nous rapatrions, comme tout le monde, à la navette qui nous ramène au parking. On se met au chaud et à sécher dans le camion…. On verra d’autres séquoias au Séquoia Park, dans les jours qui viennent ! Si le temps le permet… (Il paraît qu’en France, il fait beau et chaud… Enfin, si l’on en croit les rumeurs !)

Devant un pied d'éléphant pétrifié, Trois téméraires...

Le 7 Octobre: Nous avons enfin retrouvé une possibilité de se connecter, dans un coûteux, mais bien équipé campground en plaine. Nous avons quitté Kings Canyon tout à l'heure. Le brouillard montait après une journée magnifique qui nous a permis d'admirer le canyon tout au long de la route qui le longe. Hier c'était les séquoias sous la neige... Une vraie carte postale de Noël... Un peu prématuré quand même!
Nos démêlés avec l'agence de location se sont heureusement résolus, maintenant nous avons quelques soucis de plomberie avec notre bel engin qui fuit un peu... Demain, demain, bien sûr on va le faire réparer! Décidément notre histoire d'amour avec le RV est pleine de rebondissements!

lundi 3 octobre 2011

RV

Histoire d’amour ?
Notre histoire d’amour avec notre RV a commencé. Comme beaucoup d’histoires d’amour, les débuts sont chaotiques, tumultueux et incertains… Arrivés chez le loueur, avec un bon temps d’avance, première très grosse déconvenue : l’agence française par qui nous sommes passés n’a pas réglé son dû au loueur qui ne veut pas nous confier de véhicule ! Coups de fil, palabres, tout semble enfin réglé, mais non ! L’agence française a donné un numéro de carte bleue invalide qui ne peut être débité.  Il fait nuit en France, nous sommes coincés, on accepte de donner une empreinte CB, en espérant, en espérant très fort qu’il ne s’agisse que d’une série de coïncidences malheureuses et que l’on ne sera pas obligés de payer deux fois notre RV !

Bon, on prend notre véhicule, après un petit cours d’utilisation pendant lequel la quantité d’informations débitée en anglais excède largement notre capacité d’assimilation et de compréhension… C’est vrai, il y a un manuel rédigé en allemand (ça ne nous aide pas !) et en anglais, pour vérifier les points peu clairs, et il y en a ! En route ! Non, on s’arrête vite pour faire des courses et achalander notre nouvel « home, sweet home ». Allez, en route ! On s’élance vers l’est, direction Yosémite Park, enfin à peu près car pour la première journée nos prétentions de route sont modestes, vue l’heure à laquelle on part de San Francisco. Le gros moulin du Ford 450, pousse mollement notre RV sur la freeway. Sortir de San Francisco un vendredi soir à 16h00, ne favorise pas la prise en main d’un véhicule ! Il faut choisir la bonne file dans l’écheveau inextricable des échangeurs saturés, prendre patience dans les embouteillages interminables à chaque sortie, chaque entrée, ne pas se laisser surprendre par les brusques coups de frein… Nous nous arrêtons à la nuit dans un campground bien équipé et prenons enfin véritablement possession du véhicule. Une bouteille de vin blanc californien à l’apéro ne nous fait malheureusement pas vraiment oublier nos démêlés avec ADD-Rental que l’on  n’arrive plus à joindre, week-end oblige ! (Mais ils vont entendre parler de nous bientôt !)

Ce matin, on reprend la route pour le Yosemite, deux cent cinquante kilomètres de highway plus tranquille, qui se termine même en route de montagne sinueuse et pentue. Le RV tangue et roule dans les virages, on l’entend engloutir des litres et des litres d’essence pour se donner du cœur à l’ouvrage, mais il enroule vaillamment les miles. On traverse d’immenses  vergers, puis on attaque à nouveau la forêt. Quand on dit que la France est un pays de forêts ! Toutes les forêts de France paraîtraient minuscules, dérisoires, ne seraient plus que simples bosquets, parcs apprêtés, coins pique-nique, une fois ici ! Des forêts on en a traversé des centaines de km, mais on ne s’en lasse pas, pas encore !
Les campgrounds de Yosémite Village étaient pleins, alors nous nous sommes arrêtés dans la forêt, pour la nuit, un joli endroit retiré, presque plat, c’est super… Notre histoire d’amour va peut-être commencer !