lundi 31 octobre 2011

Los Angeles

Avertissement: Cet article a été rédigé sur trois jours, il s'agit donc d'un petit exercice de chronologie inversée, par rapport à l'ordre normal du blog qui suit lui-même une  chronologie inversée... Vous comprenez? Non? Ça ne fait rien, lisez, tout se remettra en ordre, naturellement!

Nous sommes à Los Angeles depuis hier. On a quitté l’Arizona et son éternel paysage désertique, petit à petit, presque à reculons… pour revenir en Californie et là ! Cerise sur le désert ! En voilà un de nouveau ! Joshua Tree Park, le dernier parc national du périple est un désert,un vrai, aride, caillouteux, planté de ci de là de ces étranges arbres qui n’en sont pas, des yuccas géants montés en troncs et qui tendent leurs bras vers le ciel en les tordant de soif…
Un peu plus loin, à peine sortis du parc, jaillit dans la vallée aride une forêt d’éoliennes qui élèvent leurs grandes pâles vers le ciel en quête de vent et soudain, c’est l’oasis : Palm Spring et ses palmiers, niché sous la montagne.
Après, après c’est la freeway, presque déjà la grande banlieue de L.A, la ville tentaculaire. On s’en approche, le flot des véhicules se grossit de multiples apports adjacents, on passe de quatre à six voies, puis huit, plus des voies rapides d’où l’on ne sort pas, plus des voies de covoiturage (auxquelles on a droit avec quatre personnes à bord, c’est beaucoup !), les échangeurs se compliquent infiniment et tissent sur l’écran du GPS des trames croisées qui me rappellent les tableaux de fils que l’on faisait et qui furent à la mode il y a … déjà longtemps !
On traverse la ville sans la voir, jusqu’à l’ouest ultime de la ville, Long Beach, où se trouve un RV camp. On y arrive tôt, il y a de la place. Chance ! Arvie, que l’on considère comme imposant par rapport aux critères européens, fait tout petit  rangé à côté des mastodontes qui constituent le gros de l’effectif ici. Ce sont des vrais bus, dotés en plus d’extensions latérales, jusqu’à cinq, je les ai comptées ! La plupart du temps, ils traînent derrière eux une voiture, souvent un confortable 4x4, pour d’improbables incursions en dehors des highways……
Il y a une navette gratuite, un petit bus qui circule dans le coin et nous emmène chercher le « métro ».  C’est plutôt une sorte de train-tramway, assez lent, qui nous emmène au centre ville en un peu plus d’une heure. On se balade dans le « financial district » un quartier neuf, aux grands immeubles de verre, qui se haussent toujours plus haut, toujours plus beau, en se toisant l’un dans l’autre. Certains risquent des courbes pour mieux capter la lumière du soleil couchant, mais le plus beau, bien sûr, est le Music Center dessiné par Ghery ; Nous avons vu le musée de Bilbao, le MIT à Boston et chaque fois c’est le même enchantement devant ses œuvres. Ce sont des sculptures qui font office de bâtiments mais qui transcendent leur usage, leur destination. Des courbes de métal qui se lacent, se délacent, s’entrelacent, qui jouent à l’infini avec la lumière, des ailes de métal qui semblent prêtes à battre et se dressent déchirant le bleu du ciel puis finalement réfrènent leur envol... On s’éloigne à regret de ce joyau, petits piétons incongrus dans cette ville d’autos.
On reviendra demain, car aujourd’hui, on a acheté un « tour », en vrais touristes, afin d’avoir un aperçu de la ville, trop difficile à appréhender sans véhicule. Et pas question d’y aller avec Arvie, on ne saurait où le poser !
 Le tour nous fait faire le tour d’Hollywood, nous parle de célébrités inconnues de nous, nous montre les empreintes de célébrités oubliées, les restaurants et les boutiques de luxe fréquentés par des célébrités, leurs maisons à Beverley Hill, les studios où certains eurent leur heure de gloire, bref beaucoup trop « people » à notre goût ! Heureusement, il nous ramène au Music Center où on l’abandonne pour pouvoir contempler à nouveau ce beau morceau d’art contemporain. (Ce type est un génie, un pur génie, dit Françoise, amoureuse de ses réalisations, il fait de l’utile un chef d’œuvre de beauté !)
Demain, notre dernier jour à L.A on essaiera d’autres quartiers, peut-être plus vivants, plus humains, on l’espère, car toutes ces tours fièrement dressées, ces façades miroirs, façades métal, à la parade avec toutes leurs décorations, statues brillantes et écran d’eau, jardins suspendus et marbre poli, sont belles et froides et étrangement vides d’humains, ces bizarres petits bipèdes qui les ont pourtant érigées. Ils se sont tous recroquevillés dans leurs étuis de tôle qui les transportent de ça, de là à travers la ville.
Demain, on verra si l’homme, l’homo sapiens pedibus, perdure encore dans ce coin du monde dominé par l’homo automobilus. Quelques signes nous permettent de garder espoir !

Voilà, nous venons de passer notre dernière journée de découverte de la ville : C’est confirmé, il reste des îlots de résistance où l’homme vit encore. C’est une espèce particulière, en rapide progression dans la région, l’homo latino.  Nous avons trouvé un grand marché couvert, très ressemblant avec ceux du Mexique, les odeurs d’épices en moins, pleins de gens qui mangent, boivent et même, font leurs achats pour manger, boire… Les fonctions vitales, quoi !
Il est très près du Musée d’art contemporain que nous avons visité juste avant et bien plus riche !

Aucun commentaire: