Pluies
Sous la pluie qui les fait luire, les rues de San Francisco ondulent jusqu’à l’océan qui les dévore et les recrache parfois sous la forme de grands ponts. Leurs piliers percent les nuages, leurs arches gigantesques se perdent dans la brume… L’un rebondit sur un îlot, comme un ricochet métallique et va se ficher en sifflant de tous ses câbles dans la rive opposée, l’autre s’oppose de tous ses rivets tremblants au vent âpre du Pacifique qui le fait gémir et rouiller.
Sous la pluie qui les ondoie, les rues de San Francisco s’étirent d’une colline à l’autre, comme alanguies de s’être trop baignées ; elles s’ébrouent au sommet de la pente et l’eau coule en ruisseau, en cascade jusqu’à l’océan qui l’avale d’une lame indifférente.
Sous la pluie qui les noie, les rues de San Francisco bruissent sans cesse des cohortes d’insectes métalliques qui les escaladent, les dévalent, les parcourent, en un flot sonore et incessant.

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