mercredi 28 septembre 2011

Crater Lake

Un iris bleu, bleu, bleu, comme… comme… ? Enchâssé dans un écrin d’émeraude. C’est un bleu variant, qui passe par une infinité de nuances ; un nuage passe, un rayon de soleil qui l’illumine, l’ombre des roches qui le surplombent, le Crater Lake change sa parure mouvante… mais il reste immuablement beau ! Très beau même ! Notre voyage nous offre chaque jour de nouveaux paysages magnifiques, des paysages comme on n’en voit pas en Europe. 
 C’est d’abord cette immensité de toute chose qui nous étonne. Ici, le mot voyage prend son sens et son temps. La forêt qui entoure le parc national de Crater Lake, est une National Forest, le pendant de nos forêts domaniales, mais doit s’étendre sur l’équivalent d’un de nos départements ! Et les routes s’étirent, à la mesure de ces échelles qui ne sont pas les nôtres et se déroulent calmement, jalonnées d’aires de repos bien équipées et bien entretenues, où s’arrêtent des gens souriants, bienveillants, qui disent bonjour…
Crater Lake n’était pas prévu dans notre tracé initial, c’est un petit crochet d’environ 500 kms, mais qui nous a ravis. D’abord la longue route d’approche du site, une route quasi déserte qui serpente en suivant la rivière Umpqua, propose des arrêts pour admirer les rapides de cet impétueux torrent, traverse lentement des étendues de forêt vierges d’empreintes humaines et qui, dans un dernier rebond, s’arrête au bord du cratère, pour nous découvrir ce joyau.
Demain, nous revenons sur la côte, qui ne nous a laissés que de brefs aperçus : Hier, il a fait un temps épouvantable, à ne pas mettre un touriste dehors ! Trombes de pluie, vent violent, cette côte d’Oregon qui est parait-il si belle, s’était voilée de gris impénétrable, et les rafales faisaient tanguer la voiture qui prenait des airs de bateau fantôme nippon.

On ne s’attendait pas à l’immuable beau temps des cartes postales, mais jusqu’à présent la côte ne nous a pas réussi ! Finalement, sur l’ensemble de la première partie du voyage, la météo nous a plutôt souri… Pourvu que ça dure !
Après-demain, nous couchons à San Francisco car vendredi nous prenons livraison de notre RV et en avant pour la deuxième boucle ! (RV=Recreational Vehicle, c’est notre camping-car, en un peu plus gros !) C’est une nouvelle façon d’aborder le voyage, avec quelques inconnues pour nous… (C’est une façon de parler, nous restons seulement tous les quatre, les inconnues ne voyageront pas avec nous !)
 On en reparlera bientôt ! See you later !

lundi 26 septembre 2011

La route du Sud

Nous avons quitté Judy et Ken ce matin avec un peu de regret. Nous avons passé quelques jours merveilleux en leur compagnie. Ce sont des gens à l’accueil si simple, si naturel et en même temps si plein d’attentions et de prévenance qu’il est impossible de ne pas apprécier ! Il y eut, bien sûr, les retrouvailles de J&J avec toutes les personnes qu’ils avaient déjà croisées, il y a bien longtemps, des rencontres, des discussions, de la bière et du vin, des soirées chaleureuses ; (Il y a du vin ici, du vin de Colombie Britannique, et leur blanc est plus qu’honorable ! Bon, pour le rouge on restera un peu plus réservé… Je préfère le Bourgogne !)Il y eut, les journées, pendant que nos chers hôtes travaillaient, des visites de la ville, sous un peu, beaucoup de pluie, ce qui nous a fait dire que cette région était au Canada, ce que la Bretagne est à la France. (Les quelques bretons et néanmoins amis qui nous lisent nous pardonneront cette comparaison audacieuse!)

 Une grande ville moderne, avec du charme et d’immenses espaces verts, des espaces naturels qui s’infiltrent entre des quartiers, des morceaux de forêt qui résistent, des doigts du « wild » qui s’insinuent entre les highways, comme si elle n’était, cette grande ville moderne qui s’étire interminablement entre l’océan et la montagne qu’une transition éphémère entre l’eau et la forêt. Il y eut, il y eut un samedi quasi ensoleillé où nous nous rendîmes ensemble au lac Pitt, à une trentaine de kms de Vancouver. Bryan et Sharon nous y ont accueillis dans leur maison d’été, perchée sur les berges  escarpées du lac, nichée dans le roc et les pins, accessible uniquement en bateau. Une vue magnifique, une quiétude inégalable… L’eau était trop fraîche pour la baignade mais nous avons pu nous adonner à la griserie du « skidoo », scooter des mers ou d’eau douce !



 Il y eut, le soir, la montée en téléphérique au sommet de Peak de Vancouver ( ? je ne suis pas très sûr du nom, mon anglais s’effrite au fil de la journée…) et un repas d’au revoir dans un restaurant de Coquitlam…
Mais la route nous attendait, la route du sud… Nous sommes repartis pour boucler la boucle, la première boucle. Direction San Francisco en longeant la côte de l’Oregon. Oh ! Il y aura bien sans doute quelques détours, il y a tant de choses à voir qui les valent… et nous ne sommes pas à quelques centaines de km près !

jeudi 22 septembre 2011

Vancouver

Nous sommes à Vancouver depuis hier… Chez Judi et Ken, des amis de J&J, qui nous ont accueillis dans leur toute nouvelle et extrêmement confortable maison. Nous avons quitté le Yellowstone dimanche, vers midi, après une dernière visite, les Mammoths Terraces, au nord du parc.
 Ce sont des sources d’eau chaude qui déposent leur calcite et forment des terrasses de calcaire. Le même phénomène qu’à Pamukale en Turquie, en moins beau, moins impressionnant mais infiniment mieux protégé. Le site turc est irrémédiablement dégradé, celui-ci continue à se construire ! Rendez-vous dans un petit millénaire, et vous verrez la différence !

Ensuite, en deux étapes et demie, on a traversé le Montana, pays de cow-boys, encore, avec des plateaux et des montagnes dénudés, puis glissement vers la forêt quand on a franchi un petit bout de l’Idaho et enfin traversée variée, forêts immenses, et immenses cultures céréalières, vignes et prairies brûlées pour l’état de Washington. (Oui, oui, il est bien là, cet état, mais la capitale fédérale du même nom, vous ne vous trompez pas, est sur la côte Est !)

 Au passage, une curiosité : Un village bavarois perdu dans la montagne et les sapins… Leavenworth, a été créé par des allemands, il est devenu un village touristique réputé. Les maisons, les fleurs, les décors peints, même les costumes des serveuses semblent tout droit sorti d’un Tyrol d’opérette. Seule concession au pays d’accueil : On fait des burgers… mais à la saucisse et à la choucroute ! 
On n’a pas subi de choc culturel en franchissant la frontière. It’s the same way of life! Ce que l’on a vu pour l’instant de la Colombie Britannique, mais je ne crois pas que cela puisse changer pendant nos quatre jours de séjour ici, est strictement semblable à ce que l’on pourrait voir aux US.
La baie de Vancouver est magnifique. On a pris la route qui la longe pour se rendre à Whistler, une des stations des Jeux Olympiques d’hiver Vancouver 2010. La terre se morcelle en d’innombrables îles qui s’immergent dans le Pacifique et l’océan les enlace de ses bras souples. Une légère brume et un ciel couvert voilait d’une lumière indécise les ébats éternels de l’eau et de la terre. C’était beau… Au retour, la légère brume était devenue pluie opaque et les ébats strictement censurés ! Dommage !

De Vancouver elle-même nous n’avons vu pour l’instant que des highways saturées, des autoroutes en travaux et la banlieue tranquille où habitent Judi et Ken. Pourtant, ici la forêt n’est jamais bien loin et la nature non plus. Les ours se baladent parfois jusque dans leur jardin et viennent piller les cerisiers. Nous n’en avons pas vu au Yellowstone, peut-être aurons nous plus de chance ici ?
Demain, il pleut : Nous irons au centre ville, par le train aérien, visiter un peu et nous abriter dans les grands centres commerciaux. Vendredi, il pleut : Nous ne savons pas encore ce que nous ferons… Samedi, Judi et Ken nous ont concocté un chouette programme, mais chut ! On vous racontera, s’il ne pleut pas… S’il ne pleut qu’un peu… S’il ne pleut pas trop, quoi !

lundi 19 septembre 2011

Bribes

Mobiles…
J’ai un mobile… Vous ne le saviez pas ? Rien d’étonnant à cela, je ne communique mon numéro à personne, je ne ressens pas le besoin de pouvoir être «  joint » en permanence, je désire simplement être en capacité de « joindre » si nécessaire… Vous l’aurez compris, je ne suis pas un homme de téléphone, je n’y connais rien et n’attends en fait rien d’autre de mon appareil que de me donner l’heure quand, par miracle, il se trouve à la fois chargé et dans ma poche ! Mais d’autres attendent de leur mobile qu’il les mettent en communication où qu’ils se trouvent ! Curieusement les US ne sont pas une terre d’élection pour cela. Alors que les américains se baladent connectés en permanence, avec leurs tablettes, leurs smartphones, leurs ordinateurs portables, nous autres, avons toujours eu des difficultés pour obtenir nos communications, lancer des messages par-dessus l’Atlantique. Cette fois n’a pas fait exception : Il a fallu des essais, des réglages, des recherches délicates pour qu’enfin les ondes daignent exaucer nos vœux… J’ai un mobile mais je n’ai pas commis le forfait, la peine serait trop lourde, d’essayer de le faire fonctionner ici !

Aux US, on mange beaucoup, c’est bien connu. Beaucoup et peu varié… Poulet et bœuf, bœuf et poulet, avec du pain dessus, dessous autour et pour garnir des frites et puis des frites. Oh ! Il y a des variantes, des ajouts, des à-côtés : Un peu de concombre, des pommes de terre râpées et grillées, de la purée, des chips et du fromage, surtout du fromage, fondu, émincé, raclé, râpé, du jaune, du rouge du fromage ajouté aux sandwiches, burgers, du fromage de partout. Il vient rapidement l’envie de changer de régime, d’alléger ces repas pantagruéliques, de se mettre au vert… Nos dames nous y incitent, à la vue des résultats de ce régime sur nombre d’américains. On cherche, et on finit par trouver un endroit où il y a un buffet de « fresh food », soupes, salades, fruits, le tout à volonté ! Youpee !! Jacky plein de bonne volonté se compose une assiette de salade avec une bonne portion de carottes râpées, de céleri… Surprise ! Les carottes s’avèrent être du cheddar râpé et le céleri, un autre fromage non identifié. Comment passer d’une salade à une raclette froide ! 

Le Yellowstone encore…


Les jours se suivent et nous continuons de découvrir, enchantés, ce monde enchanté ! Après les geysers et les sources chaudes, après une belle balade à plus de 3000 m,  après des chaudrons d’acide sulfurique fumant et des geysers de boue acide, (des vraies marmites de sorcières, dont le contenu, menaçant, bouillonne en faisant floc-floc et en lâchant parfois des jets de vapeur nauséabonds !), nous sommes allés, aujourd’hui admirer le canyon de la rivière Yellowstone.

 Des chutes d’eau grandioses qui s’enchaînent, un torrent puissant qui s’encastre entre les murailles jaunes et roses, qu’il a creusées, des eaux vives qui toujours impressionnent et ravissent. On peut rester longtemps, et contempler jusqu’au vertige les flots tumultueux qui se jettent dans le vide dans un grondement assourdissant, les remous, les tourbillons et l’énorme nuage d’embruns qui se jette à l’assaut du ciel. Le beau temps qui nous avait suivi jusque là nous a malheureusement abandonnés et c’est sous une petite pluie froide que nous avons abordé les nombreux points de vue.

 Depuis les parkings, des chemins d’accès balisés, tracés, des ponts, des escaliers, beaucoup d’escaliers nous ont permis d’admirer les chutes par-dessus, par en bas, en face, de biais et de multiplier les photos. Les appareils photos s’enrayent à force de prendre  des clichés en rafale, les jambes s’alourdissent de monter et descendre, mais nous sommes tous heureux et ravis. Dans ce parc se côtoient tant de singularités géologiques, tant d’exceptions naturelles et une nature si somptueuse et magnifiquement sauvegardée que l’on ne peut que rester  émerveillé. On en oublie la présence humaine, les visiteurs nombreux, très nombreux même, en cette pourtant presque basse saison, et toute cette infrastructure qui émaille le parc, intelligemment, discrètement et qui pourvoit à leurs besoins, les loge, les nourrit, les renseigne, les guide et même essaie de faire leur éducation !

Des découvertes nous attendent encore demain et après demain… Nous espérons vaguement voir des ours et des élans, mais comme nous n’avons plus le temps de faire des vraies balades, la probabilité de les voir se balader sur un parking est faible…
Vous saurez tout en même temps, quand je pourrai publier tout cela, car, et c’est très bien ainsi, il nous faut pour un temps oublier internet, le réseau permanent, la liaison constante avec tout le monde : Il n’y a pas de connexion !

Yellowstone


Le Yellowstone, on en attendait beaucoup, ce devait être un des points forts de notre voyage… C’est au dessus de ce que l’on espérait !
Nous n’avons pas tout vu, on vient juste d’arriver, on ne verra pas tout, pas même une toute petite partie des trésors incroyable de cet immense parc. Comme partout depuis le début de notre voyage, ce qui frappe c’est cette impression constante d’immensité, la traversée du Nevada, puis de l’Utah avec des paysages désertiques qui évoluent lentement, dont les couleurs, les formes de relief se transforment petit à petit . Depuis Jensen, dans l’Utah, paysage aride au roches rouges, nous sommes passés par les plateaux désertiques et sableux avant de progressivement entrer dans un monde montagneux, aux eaux vives entourées de pins. Des lacs et des torrents et des crêtes qui s’élèvent de plus en plus. On entre dans le Grand  Teton National Park, prélude à celui du Yellowstone. La circulation, s’est densifiée depuis Jackson, on sent qu’on entre en zone touristique et l’on appréhende un peu la foule piétinante. Mais non, il y a de la place pour tout le monde et, en s’écartant à peine des grands points d’attraction on retrouve vite cette notion d’espace immense. Bien sûr, Yellowstone est canalisé, réglementé, très réglementé, et surveillé : Les rangers sont là, ou pas très loin… Quand on voit le nombre de visiteurs, sans doute que la sauvegarde de telles merveilles est à ce prix !
Aujourd’hui le premier jour de visite, nous logions à Old Faithful, le coin des geysers. On en a vu des geysers et des fontaines d’eau chaude !! Certains actifs, comme le Old Faithful que l’on a vu trois fois jaillir devant des centaines de spectateurs (Il est très près des lodges et des parkings !)C’est très impressionnant, cette eau enveloppée de vapeur qui jaillit brusquement, qui monte d’un jet, puis faiblit un peu comme pour se reprendre et monte encore plus haut, plus haut avant de décroître lentement, comme épuisée… 

Au cours  des balades nous en avons vu beaucoup. Certains actifs qui bouillonnent et crachotent sans cesse, d’autres calmes qui ne se réveillent que de temps en temps de façon totalement imprévue ; certains au milieu d’un bassin d’eau bleue irisé sur les bords de dépôts cristallins aux couleurs surprenantes, d’autres ont bâti au fil des siècles des concrétions calcaires qui les cachent. On les entend gronder à l’intérieur comme des chaudrons géants ! Les sources d’eau chaudes sont magnifiques elles aussi, secouées par des bulles erratiques, elles frissonnent, se couvrent de buée, se voilent et se dévoilent, échappent un moment au regard et réapparaissent avec une autre lumière, une autre couleur. Leur eau s’échappe vers la rivière en abandonnant pour aller plus vite, les oxydes qui l’alourdissent et le sol devient palette, il se teinte de jaune, de rouge, d’ocre…


Cette terre incertaine, noyée de brume et de vapeur, aux couleurs changeantes et qui semble d’un autre monde, est sertie dans un écrin de verdure et d’eau, un écrin de nature sauvage, un écrin qui souffre, évolue et s’adapte. Les grands incendies, les maladies ont décimé des pans entiers de forêt qui pourtant renaît et se diversifie. Ici la nature n’a jamais perdu ses droits, l’homme s’y invite, en force, en masse, mais c’est lui qui est canalisé, guidé, formaté : Un troupeau de bisons a investi les lodges, fourrageant de ci de là, le grand mâle hargneux veillant en grattant du sabot et grognant son mécontentement de sentir l’homme. Ces hommes qui s’étaient faits discrets, invisibles, tapis dans leurs habitats ou leur véhicule, enfermés par le respect du règlement et leur crainte d’animaux libres et puissants.

mardi 13 septembre 2011

Le premier parc

  
La longue route nous a amené au pays de Mormons, dans l’Utah, après des heures d’un paysage quasi désertique et une conduite à la limite de l’hypnose. Halte de deux nuits  dans un B&B que nous avaient recommandé nos amis André et Lou. Accueil et gîte en tout point remarquable, près de Dinosaur Park ! Dinosaur Park, aux US, on peut tout craindre, s’attendre à une sorte de parc d’attraction à la Disney Land avec plein de reconstitutions  fantaisistes, du plastique de couleur, et bien non ! Pas du tout ! C’est un site archéologique de fossiles et de restes de dinosaures, un site très bien protégé et très sobre dans son exploitation.. Un ranger nous montre ces traces discrètes d’un lointain passé qui seraient restées inaperçues sans guide. Rien de spectaculaire, rien si ce n’est le paysage. Des roches rouges voisinent avec du sable clair qui parfois s’érige en collines fragiles, un pan de montagne érodé par la Green River arbore une crête digne d’un dinosaure de rêve, un peu plus loin la roche se strie de lignes presque circulaire et la falaise ressemble à un macaron géant.
 Des sentiers bien balisés nous ont permis de nous aventurer dans ce dédale minéral parsemé de petits arbres aux troncs torturés et de plantes basses qui griffent les mollets. Le soir nous pique-niquons au bord de la rivière. Il fait doux, le ciel est beau, le calme total. Un moment de quiétude et de sérénité… abrégé par l’arrivée des moustiques, mais c’était bien !

dimanche 11 septembre 2011

the long lonesome road

Nous quittons San Francisco sous le charme de cette grande ville. Nous y reviendrons avec plaisir à la fin de notre séjour, il nous reste beaucoup de choses à découvrir.

Nous avons pris possession de notre voiture, un SUV inconnu en France dont le nom « Rogue » évoque pour les fans d’Harry Potter un personnage ambigu… Elle va nous emmener tout au long de notre premier périple.
Les highways se croisent et se décroisent en un ballet incompréhensible, la dame qui parle dans la boîte accrochée au pare-brise nous emmène on ne sait où… On ne l’écoute plus, on suit notre idée, des petites routes, enfin, petites pour ce pays où tout est grand ! Des petites routes peu roulantes, qui gravissent des montagnes et traversent d’infinies forêts… On descend sur le lac Tahoe, il y a beaucoup de monde, c’est un lieu de villégiature apprécié, le lac ne se dévoile que par à coups, il est caché par de grands pins. On pique vers l’est, la route s’allonge. Carson city, Cold Springs une station du pony express, Austin, un village à moitié abandonné tout droit sorti d’un western de la grande époque, Ely une ville minière qui connut son heure de gloire, seuls quelques pick-up déglingués nous rappellent le présent. Et puis, et puis, il y a la route ! La route 50, the long lonesome road… Tout un programme : Depuis deux jours nous roulons dessus sans l’avoir épuisée, depuis deux jours et des centaines de kilomètres elle traverse le plateau du Nevada, fière et droite, sans se laisser détourner par les somptueux tapis d’armoise, par les montagnes qui déclinent pour la séduire d’infinis camaïeux d’ocres et de bruns. Parfois, de quelques virages adroits elle franchit une barre montagneuse qui voulait l’arrêter, elle s’élève sans effort au dessus du plateau immense, et l’on peut contempler de haut, ce ruban noir qui se prolonge, comme un doigt pointé sur l’infini. De rares haltes ponctuent notre progression, dans des lieux improbables qui évoquent des époques passées, des vies pionnières et un présent sans vrai avenir.

vendredi 9 septembre 2011


Deuxième jour à Frisco… Nous avons continué la découverte de la ville, avec un vent frisquet qui a rapidement dissipé le brouillard matinal. Un pèlerinage que nous attendions tous : Nous y sommes allés à pied, bien évidemment, jusqu’à la maison bleue… Nous y avons croisé quelques autres français, qui venaient sans doute cultiver le même brin de nostalgie, ils étaient de la même génération ! C’est une maison bleue, au creux de la colline, une maison bien ordinaire, ornée d’une plaque commémorative toute neuve. On est reparti en fredonnant, Lizard et Luc sont bien loin… Le rêve dépasse toujours la réalité, on devrait finir par le savoir !
Un petit tour vers Lombard Street, en bus, nous prendrons le cable car à notre retour, l’attente était trop longue, les touristes trop nombreux. Nous avons le temps, on a prévu plusieurs jours ici à la fin du séjour !


Tout à l’heure nous allons chercher la voiture et en route pour la première boucle ! On commence par trimballer nos bagages et aller prendre le BART, l’équivalent du RER local jusqu’à l’aéroport où l’on doit prendre le véhicule. Trimballer des bagages, A LA MAIN ! De quoi faire frémir d’incompréhension toute l’Amérique ! Mais bon, nous assumons ce que nous sommes.

jeudi 8 septembre 2011

San Francisco

A pied d’œuvre !
Nous sommes à San Francisco ! Arrivés depuis hier, en ordre dispersé. J&J ont bénéficié des bons soins d’Air France et d’un vol direct, ils ont été les premiers à se poser en Californie. Nous les avons rejoints quelques heures plus tard, affamés par la US Airways, fatigués par un long voyage et une escale à Charlotte, la peu connue capitale de la Caroline du Nord !.
Ce matin, première découverte de la ville. Entre brouillard et soleil, elle se dévoile lentement. Le Golden Gate enlève un à un ses oripeaux et s’illumine dans la brume qui persiste. Union Square, le cœur de la ville, puis un petit tour dans Chinatown, escalade de Telegraph Hill qui nous offre un formidable panorama sur les deux ponts qui enjambent l’océan, nos jambes se fatiguent, le décalage  horaire se fait sentir… On redescend sur les quais, le pier  39 nous accueille, le plus touristique, pour un moment de repos. Des otaries heureuses contemplent les touristes, ou peut-être est-ce l’inverse… Je ne sais plus !
Les rues en forme de toboggan géant, celles que l’on a aperçues si souvent dans les films, qui ont servi à tant de scènes de poursuites, nous les avons vues, en vrai ! Pas de course poursuite, de rodéo urbain, elles sont calmes, les gens souriants. Ils semblent heureux d’être là, aussi bien ceux qui ont une activité que les nombreux touristes, la plupart américains, qui déambulent tranquillement. Ville métissée par sa population, mais aussi dans son architecture où se côtoient la verticalité des façades de verre, d’audacieuses courbes de béton moderne et la beauté surannée des constructions art déco.
Plus encore que dans les autres villes américaines que nous connaissons, San Francisco ose le mélange des genres et conserve cependant une harmonie paisible qui ravit l’œil et enchante l’âme.